Chronique de Razafy

Il y a disparition et disparition

Par Razafy le Alahady 23 mai 2010

Le 25 mai est consacré Journée mondiale des enfants disparus. La disparition d’enfant est un phénomène qui gagne de l’ampleur de par le monde.

Une disparition d’enfant est un fait intolérable. Mais un enfant qui disparaît ne peut être le fait de l’enfant uniquement. Que l’on parle de fugue ou de rapt, que l’on avance la thèse de la maltraitance ou de l’abus, il y a toujours une mise en cause de l’adulte. Directement ou indirectement. Ce sont donc les adultes qu’on interpelle par cette Journée du 25 mai.
En effet, des parents auront beau se plaindre d’un enfant incorrigible, le retour sur les faits et l’étude du cas de cet enfant ramènera indiscutablement à son univers familial et à son éducation. Des parents trop occupés ailleurs, pour une raison ou une autre, n’auront jamais (ou ne voudront pas avoir) le temps nécessaire et suffisant pour suivre l’éducation de leurs enfants. Un manque de conversations, une absence de compréhension mutuelle, une attente insatisfaite de part et d’autre, et c’est la catastrophe assurée. L’enfant se sent incompris, voire indésirable, et il se manifeste par une fugue. Le comble, c’est qu’à son retour (si on le retrouve), il y a des parents qui se permettent encore de le réprimander.
Dans d’autres cas, ce sont carrément des parents – pour des raisons que je dirai farfelues - qui organisent le rapt de leur enfant. Telle cette mère qui veut « corriger » un père irresponsable, ou encore cette autre qui en veut à l’argent du chef de famille et qui va jusqu’à organiser un kidnapping avec des complices. Des cas qui ont été rapportés dans les colonnes des faits divers. Comme quoi, on peut être capable du pire quand on ne pense qu’à s’enrichir. Et c’est justement pour cela que l’on ne devrait pas  cesser d’interpeller sur ces disparitions d’enfants. Sachant que celles-ci peuvent également être dues à des raisons bassement pécuniaires.
Fugue ou rapt, maltraitance ou abus, avais-je dit plus haut, ces disparitions laissent des séquelles. Pour les concernés évidemment, pour leur famille sûrement, mais pour la société en général également. Un enfant qui disparaît est déjà un cas de trop. C’est une preuve même de mal être et d’insécurité. Alors, quand on parle de plus d’un millier de cas recensés, l’on se demande comment y remédier ?
Mais dans le même ordre d’idée, que dire de ces gens qui trouvent « normal » de séparer des nouveaux-nés de leur mère, sous prétexte que ces dernières n’ont pas les moyens de les élever ? Oui, je dirai que ces cas peuvent être considérés comme des « disparitions arrangées ». Et le comble, c’est que des gens sans scrupule arrivent jusqu’à encourager des jeunes femmes démunies dans ce commerce ignoble. Oui, ici il faut également interpeller et dénoncer.

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