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Lakroan'i Madagasikara
Post-crise Covid-19 à Madagascar

Transformer les faiblesses en force et les menaces en opportunités

James Ranaivoson il y a 7 mois

Annuler la dette? une réelle opportunité pour le pays ou pour les poches des dirigeants et opportunistes? Le débât est ouvert. On commence par le présent texte. Un peu long, technique.

Transformer les faiblesses en force et les menaces en opportunités

À travers le document joint, je considère que malgré sa violence,
cette crise est une chance à saisir pour mettre en place à Madagascar
une approche faite à la fois d’amour indéfectible pour ce magnifique pays,
de solidarité nationale, d’éthique humaine, d’altruisme communautaire,
de responsabilité d’entreprise et de réalisme économique.

 Je suis confiant que les créanciers publics extérieurs vont alléger,
à travers l’annulation de la dette du pays,
les souffrances financières de l’État
qui court derrière la menace d’une crise sanitaire,
des entreprises en déroute et des pauvres gens sans ressources
alors que ses capacités budgétaires sont dérisoires.

 J’ose espérer que si de telles annulations se matérialisent,
l’État va agir en toute transparence et qu’il assumera sérieusement
et humblement ses rôles fondamentaux pour le compte d’un pays plus que fragile,
surtout dans les domaines de la santé publique,
de l’éducation nationale et de la sécurité des hommes,
des biens et du capital naturel.

 Enfin, j’ose croire que ce que je propose
en termes d’opportunités et d’engagements
financiers responsables des entreprises
(en particulier les plus grandes) en collaboration
avec un État garant de l’intérêt général,
figurent déjà dans leur plan immédiat et à long-terme.

 

A l’État, aux entrepreneurs,
à la population malagasy mais aussi à tous les étrangers
qui aiment Madagascar de saisir cette chance.

 

POST-CRISE COVID-19 À MADAGASCAR : TRANSFORMER LES FAIBLESSES EN FORCE ET LES MENACES EN OPPORTUNITÉS

 

Résumé

 

Pour une annulation de la dette extérieure

 

L’État malagasy n’a pas les moyens d’assumer ses fonctions fondamentales que sont la santé publique, l’éducation nationale et la sécurité des biens et des personnes. Seulement 7% du budget (170 millions USD) serait consacré à la santé publique et 15% (350 millions USD) à l’éducation pour un pays de 28 millions d’habitants, plus grand en superficie que la France.

 

Même si elle est considérée comme une faiblesse du pays, la dette publique extérieure de Madagascar (moins de 4 milliards USD) est peu élevée en absolu et les 2/3 sont des créances de la Banque Mondiale et de la BAD. Il faut annuler cette dette pour que l’État ait une bonne marge de manœuvre à la sortie de cette crise : un effacement sera plus efficace que des moratoires.

 

Des exigences contraignantes devraient cependant accompagner ces annulations : entre autres, les marges dégagées devraient être consacrées à la santé, l’éducation et la sécurité et par-dessus tout, une transparence totale devrait être institutionnalisée sur leurs utilisations avec l’instauration de comités d’audit inclusifs représentant toute la société malagasy.

 

Pour un élan économique s’appuyant sur de nouvelles visions du secteur privé

 

Afin de sortir fort d’un tel processus d’annulation de dette, il faut mettre en place les conditions pour provoquer un nouvel élan économique en s’appuyant sur la réactivité du secteur privé.

 

Les rivalités entre les grands acteurs économiques locaux n’ont pas été sans conséquence sur la vie politique trouble du pays et la menace subsiste encore. Pourtant, selon la dernière enquête d’Eco-Austral, le secteur privé malagasy est peu développé relativement à la taille du pays.

 

https://www.yumpu.com/fr/document/read/63207615/top500-edition2020

 

Cette crise Covid-19 menace la pertinence du modèle économique malagasy actuel mais laisse entrevoir d’innombrables opportunités pour tout le secteur privé.

 

Trois priorités émergent :

1)    la création d’un canal financier reposant sur le principe de “paiements pour les services ecosystémiques” ou PSE pour protéger et assurer la pérennité du capital naturel du pays, cruciale pour la vie humaine et nécessaire au développement économique;

2)    un élan national pour que le marché domestique reprenne ses lettres de noblesse avec entre autres la mise en avant du patriotisme économique pour soutenir des acteurs nationaux de certains secteurs des biens de consommation et aussi la re-densification des liaisons aériennes intérieures;

3)    la classification de l’informatisation et de la digitalisation au rang de priorités nationales afin d’accélérer la mise en orbite de Madagascar vers le 21ème siècle, avec entre autres une implication de l’État dans son rôle de garant de l’intérêt général et la responsabilité sociale des opérateurs pour un abaissement drastique des coûts de communications et un accès universel et démocratique aux informations à travers des appareils modernes ; à cela s’ajouteraient des contrats d’apprentissage systématisées entre l’État (qui doit accélérer son informatisation et sa digitalisation) et les entreprises privées avec les écoles de formation en informatique et la mise en place d’un fonds national pérenne doté par les entreprises à hauteur de plusieurs centaines de milliards d’ariary afin de supporter le développement des startups.

 

 

 

 

 

 

 

1.    Pour une annulation de la dette publique

 

Les premiers supports financiers pour faire face à la crise Covid-19 sont disponibles ou sont dans les tuyaux. Les mesures Covid-19 prises d’urgence par le FMI pour le pays sont l’octroi de 166 millions USD pour supporter le budget et 25 millions USD d’allègement pour ce qu’on doit lui rembourser au vu de son support par le passé. Par ailleurs, sur la base d’une note du Ministère des Finances en date du 15 avril 2020, il est prévu respectivement: 1) de la part de la Banque Mondiale, 20 millions USD pour la nutrition, 10 millions USD comme filet de sécurité de protection sociale, 100 millions pour un programme dit de développement du capital humain, 50 millions pour la gestion préventive des risques de catastrophe; 2) de la part de la BAD, 64 millions USD en appui budgétaire; 3) de la part de l’Union Européenne 10 millions EUR pour les secteurs santé et éducation et de la part de l’Agence Française de Développement la même somme pour la gestion préventive des risques de catastrophe. D’autres supports ont été signalés depuis.

 

Même si elle est considérée comme une faiblesse du pays, la dette publique extérieure de Madagascar est peu élevée en absolu et les 2/3 sont des créances de la Banque Mondiale et de la BAD. La dette extérieure du pays avant ces annonces était de l’ordre de 3,7 milliards USD. Le graphe ci-dessous, tiré du dernier rapport public disponible (juin 2019) de la Direction Générale du Trésor malagasy, montre qu’en plus de la dette envers le FMI, les 2/3 de cette dette ont été octroyées par la Banque Mondiale et la BAD, soit près de 2,5 milliards. Ensuite, 12% sont des prêts bilatéraux (Algérie, Russie, Chine, Koweït et France en notant que cette dernière représente 2% soit autour de 70 millions). Puis 18% sont des prêts d’agences multilatérales des Nations-Unies ou de groupes de pays comme la BEI de l’Union Européenne et le fonds OFID de l’OPEP. Enfin, 3% sont des prêts d’une banque privée allemande.

 

Les pays industrialisés comme les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et la France (avec un montant récent de 240 millions EUR) agissent surtout à travers des dons ciblés qui sont en général destinés à des besoins sociaux fondamentaux touchant la santé et l’éducation, le soutien du secteur agricole, la lutte contre les effets du changement climatique et la protection de l’environnement.

 

Il faut enfin noter que le secteur privé malagasy a un endettement extérieur répertorié à 3 milliards USD que les acteurs privés devraient à priori assumer par leurs propres moyens.

 

L’État n’a pas les moyens d’assumer ses fonctions fondamentales que sont la santé publique, l’éducation nationale et la sécurité des biens et des personnes. Avec le budget qu’il peut se permettre, de l’ordre de 2.250 milliards USD projetés avant-crise pour 2020, l’État n’arrive plus depuis des décennies à assumer son rôle dans les fonctions fondamentales que sont la santé, l’éducation et la sécurité. Historiquement, après plusieurs années sans fil directeur, le budget a retrouvé un cadre plus structuré en obtenant en 2016 un financement du FMI, moyennant une discipline qui laissait peu de marges de manœuvre pour ces trois secteurs primordiaux, d’autant plus que les compagnies nationales mal gérées (Air Madagascar et Jirama) absorbaient des sommes colossales. Seulement 7% du budget serait consacré à la santé publique et 15% à l’éducation, montants qu’on peut estimer respectivement à 170 et 350 millions USD. Pour un pays de 28 millions d’habitants, plus grand en superficie que la France, ces chiffres sont très faibles et ces ratios de toute façon sont loin des normes acceptables pour un pays en développement.

 

Les infrastructures pour l’éducation et le niveau des formations se sont tous dégradés pour atteindre des niveaux déplorables. Cela fait mal au cœur de voir des ONGs étrangères ou des membres de la diaspora prendre en charge ici ou là des écoles primaires ou y supporter des enfants dont les familles sont sans ressource. Ça secoue de voir les infrastructures des collèges, lycées et universités qu’on a fréquentés si dégradées, sans parler des miséreux écoles primaires en campagne. Ça désespère de voir travailler des enseignants de bonne volonté mais qui ne sont pas équipés et/ou ne sont pas au niveau. Ça rend malade de voir beaucoup de jeunes, parait-il bac+4 ou 5, soit incompétents soit sans travail à la hauteur des diplômes qu’on leur a délivré.

 

Il ne faut pas tomber malade grave à Madagascar. Lorsqu’on visite un malade dans les hôpitaux, on constate beaucoup de bonne volonté de la part du personnel médical mais lorsqu’on sait ce qui existe ailleurs, par exemple dans des pays africains comparables, on prie pour ne pas tomber malade grave à Madagascar. Il est déplorable qu’aucun entrepreneur local n’ait entrepris de développer de laboratoires d’analyses médicales de haut standing (sans forcément chercher à concurrencer l’Institut Pasteur qui est, dans certains cas pointus, le seul même en France à pouvoir conduire certaines analyses). En contrepartie, il est étonnant que certaines cliniques privées connues soient mieux équipées que les plus grands établissements hospitaliers publics. De toutes les façons, tous les dirigeants ou personnalités riches se font au moins transférer à Maurice ou La Réunion dès la moindre alerte.

 

Les moyens disponibles pour assurer la sécurité et la justice sont loin d’être suffisants. Les équipements de sécurisation du territoire ont été récemment modernisés on ne sait avec quelles lignes budgétaires mais ils sont loin d’être suffisants. La sécurité des personnes en ville, celle des agriculteurs et éleveurs en campagne, celle des biens des entreprises et enfin celle des ressources naturelles à protéger sur terre comme en mer, demandent plus d’hommes, de meilleures organisations, des technologies modernes mais aussi une structure judiciaire équipée, impartiale et incorruptible.

 

Pour Madagascar, des annulations de la dette extérieure publique, partielles ou totales, seront plus efficaces que des moratoires. La dernière décision des gouvernants du G-20 serait un moratoire des services de la dette des pays pauvres pour 1 an. Même si cela dégagerait temporairement de bonnes marges de manœuvre, il faut souscrire sans réserve à la requête de nombreux acteurs dont celle du Secrétaire Général de l’ONU et d’éminentes personnalités africaines qui demandent une annulation immédiate de la dette extérieure de pays aussi pauvres que Madagascar.

 

De telles annulations ne risquent pas de causer un risque financier systémique, au vu des milliers de milliards de USD aujourd’hui mis en jeu pour atténuer les effets de la crise dans les pays avancés. Au contraire, les conséquences économiques de cette crise risquent de déclencher dans ces pays très pauvres un cataclysme humain, sanitaire et environnemental et dès lors, le prix à payer par les bailleurs de fonds, non seulement en termes financiers mais aussi en terme sanitaire, risque d’être très élevé. Si des états créanciers comme la France (et apparemment l’UE aussi) seraient prêts à considérer la question, les actions les plus significatives dans ce sens devraient venir, dans le cas de Madagascar, du FMI, de la Banque Mondiale et de la BAD. Ces fonds, provenant de leurs entités dédiées aux pays à faible revenu (Association Internationale de Développement et Fonds Africain de Développement), sont accordés à des taux d’intérêt très bas et pour de longues durées.

 

Des contrats contraignants, engageant à la fois le secteur public mais aussi le secteur privé, devraient cependant accompagner ces annulations. Entre autres, les marges dégagées devraient être consacrées à la santé, l’éducation et la sécurité. Pour pouvoir prendre un nouveau départ post-annulation, on pourra comprendre le souci des créanciers d’imposer des contraintes auxquelles le pays - pas seulement le gouvernement mais aussi tous les acteurs économiques - devra se soumettre. Tout d’abord, les marges dégagées qu’on peut estimer à au moins 2 milliards USD - mais probablement étalées sur plusieurs années (dépendant de leur duration) - devraient être consacrées aux budgets santé et éducation et à un degré moindre à la sécurité des personnes et des biens, en particulier la protection du capital naturel du pays.

 

Une transparence totale doit être institutionnalisée sur les utilisations respectives des marges financières dégagées, des nouveaux financements obtenus par l’État et du budget de façon générale. Pour cela, il faut mettre en place des comités d’audit inclusifs. Avec des décaissements conditionnés par la satisfaction de critères agréés lors de la signature, un certain niveau de transparence est déjà exigé par des institutions comme le FMI, la Banque Mondiale, la BAD ou la BEI dans l’utilisation des fonds octroyés. Cependant, deux choses fondamentales manquent : d’abord le rapportage au grand public de l’utilisation des fonds et ensuite des évaluations ex-post de l’efficacité des projets et mesures financés.

 

Une annulation de la dette extérieure devrait offrir l’opportunité de créer et surtout d’institutionnaliser ce que les gouvernants du pays n’ont jamais eu la volonté de mettre en place : un comité national et des comités régionaux d’audit, dont les membres représenteront (indépendamment des équilibres politiques en cours) la majorité parlementaire ou locale, l’opposition parlementaire ou locale, la société civile et les entrepreneurs privés. Ces comités surveilleront et rapporteront sur la bonne utilisation de l’argent public, l’attribution des marchés publics, les processus d’exécution par le gouvernement et les administrations centrales et régionales et enfin évalueront leur efficacité ex-post. Les donateurs et prêteurs, en particulier dans la construction d’infrastructures, l’extraction minière et le développement agricole pour qui des sommes importantes sont souvent mis en jeu, devraient avoir le droit de s’adresser directement à ces comités.

 

Afin de sortir fort de ce processus d’annulation de dette, il faut mettre en place les conditions pour provoquer un nouvel élan économique. Le sérieux que démontreront les autorités malagasy sur les financements en urgence et sur l’annulation de dettes permettra de déployer en toute assurance sur le long terme les dons ou prêts additionnels prévus pour les autres besoins sociaux et économiques immédiats tels l’accès universel au logement, à l’eau et l’énergie, la construction et l’entretien des infrastructures de transport, l’adaptation au changement climatique, le support aux entreprises de toutes tailles, un accès universel aux bienfaits des nouvelles technologies de communication. En particulier, avant de songer à ré-endetter le pays ou rechercher des appuis extérieurs, il faudra dans chaque cas de figure, rechercher des solutions publiques et privées nationales.

 

 

2.    Pour un changement prenant appui sur le secteur privé

 

Les rivalités entre les grands acteurs économiques locaux n’ont pas été sans conséquence sur la vie politique trouble du pays et la menace subsiste encore. Fin des années 90, début des années 2000, après des années de plomb, Madagascar avait bénéficié d’effacement significatif de sa dette auprès des institutions de Bretton-Woods et des grands pays industrialisés. Sans lui permettre de ré-endettement significatif, ce bol d’air lui a donné la possibilité dans les 7 à 8 années qui ont suivi, de réhabiliter ou d’étendre ses infrastructures publiques (surtout de transport) tout en permettant le retour du secteur privé au centre du développement économique. On ne va pas porter de jugement sur les luttes d’influence entre petits et grands mais surtout entre grands acteurs économiques locaux qui ont suivi cette libéralisation. Ce que l’on constate tous, c’est que les petits entrepreneurs et la population en général supportent jusqu’à aujourd’hui les conséquences négatives des interférences visibles ou derrière la scène des grands acteurs dans la vie politique trouble du pays.

 

Le secteur privé malagasy est peu développé relativement à la taille du pays. Lorsqu’on consulte les enquêtes faites par le magazine Eco-Austral sur les 500 plus grandes entreprises de cette partie de l’Océan Indien, il est triste de voir que la taille en superficie et nombre d’habitants de Madagascar n’y soient pas reflétés. En dehors des 2 compagnies nationales Jirama et Air Madagascar puis des filiales de groupes étrangers dans les télécommunications, la distribution pétrolière, l’agro-alimentaire et des 2 compagnies minières Ambatovy et QIT, à peine une dizaine d’entreprises à capitaux privés locaux pourraient être classées comme ETI (entreprise de taille intermédiaire) avec un chiffre d’affaires (CA) de plus de 40 millions EUR. Dans cette enquête, seulement 3 de ces dernières, à travers des groupes à activités diversifiées, ont un CA au-delà de 150 millions EUR. Par ailleurs, 3 ou 4 autres opérateurs connus, mentionnés dans l’enquête ou non, formeraient aussi des groupes au CA autour des 100 millions EUR en consolidant de manière transparente leurs activités.

 

Il faut enfin noter que le montant répertorié des investissements directs étrangers reste très faible au regard de la taille et des capacités du pays puisqu’il est largement en-dessous de 1 milliard USD. Ce montant, à priori, ne serait pas amené à croître post-crise à moins d’initiatives attractives.

 

L’état du secteur privé reflète la faiblesse structurelle mais aussi les inégalités qui prévalent dans le pays. Ces ‘’grands’’ acteurs qui ont pris dans le passé des risques entrepreneuriaux - pour certains depuis plusieurs générations - ont vu progressivement leurs situations se transformer en monopole ou duopole sur des secteurs que la demande domestique ne peut contourner et/ou ont pris des risques sur les marchés internationaux : ils génèrent aujourd’hui une partie significative de la création de richesse dans le pays. A remarquer que la position première de Madagascar sur la vanille a aussi permis la croissance d’entreprises de ce secteur qui ont atteint de bonnes tailles.

 

La répartition sectorielle de la centaine de petites et moyennes entreprises ayant des CA entre 5 et 40 millions EUR démontre la faiblesse structurelle du tissu économique où le poids de la production domestique avec des capitaux locaux ne pèse pas suffisamment par rapport au commerce des importations.

 

Les très petites entreprises, celles avec des CA de moins de 5 millions EUR, ne figurent pas dans cette enquête. Elles ont peu de chance de croître puisque les banques, en quasi-totalité filiales de groupes financiers étrangers, ne les soutiennent pas car il faut reconnaître que l’objectif premier de ces banques est de produire des ratios de risque-rentabilité bancaire en ligne avec les normes internationales. Enfin, la plupart des agriculteurs et des artisans “traditionnels” n’ont ni statut organisé, ni support institutionnalisé de l’État, ni circuit de financement organisé formellement par des banques spécialisées ou par des institutions de microfinance. Il en est de même des startups “modernes” qui devraient pourtant retenir une attention particulière.

 

Cependant, il existe au milieu de tout ça un petit nombre d’entrepreneurs et d’entreprises sociales dynamiques, soit indépendants, soit financés par des petits entrepreneurs locaux ou étrangers, qui ont été capables de trouver des marchés de “niche” locaux ou à l’étranger.

 

Cette crise, menace la pertinence du modèle économique malagasy actuel mais laisse entrevoir d’innombrables opportunités pour tout le secteur privé. Avant tout, il faut être clair : aucune entreprise ne sortira indemne de cette crise. Peu importe leur taille, certaines perdront beaucoup d’argent, d’autres ne demanderont pas ou ne seront pas éligibles à des aides publiques pour elles même ou pour leurs employés. D’autres verront leur excellente santé se détériorer et ne se voient pas développer leurs marchés sur le court-terme ou investir sur le long-terme. Enfin, un très grand nombre, en particulier les petites, seront contraints au dépôt de bilan.

 

Comme tout changement de stratégie implique des investissements, il semble donc difficile pour beaucoup d’entreprises de s’engager sur de l’inconnu mais à la sortie de cette crise, le monde du business va changer, il ne redémarrera pas de la même façon car partout ailleurs dans le monde, beaucoup de choses vont changer.

 

Trois axes devraient aujourd’hui être érigées comme priorités par les acteurs du secteur privé malagasy: 1) la protection du capital naturel afin de pérenniser l’accès aux ressources naturelles pour des fins économiques et sociales; 2) une vision innovatrice du marché intérieur afin de mettre en concordance les nouvelles formes d’offres et de demandes de biens et services; et 3) l’accès universel aux bienfaits des technologies de communication afin de sauter des étapes dans la modernisation de la société et du pays.

 

Il faut créer un canal financier reposant sur le principe de “paiements pour les services ecosystémiques” ou PSE pour protéger et assurer la pérennité du capital naturel du pays. La population en général et la plupart des entrepreneurs considèrent que l’accès au capital naturel (l’air, l’eau, les sols fertiles, les forêts, la faune, les sous-sols, la biodiversité terrestre et marine) mis à leur disposition par le Bon Dieu et quelquefois par l’intermédiaire de l’État est gratuit et que ce capital est infini. Pour sensibiliser toutes les parties prenantes, il faut démontrer que le cercle vicieux ‘’pauvreté / pillage / laisser-aller / érosion / pollution / baisse de productivité économique’’ peut être cassé en milieu rural et urbain.

 

Suivant le principe des PSE, chaque entreprise, à hauteur de son utilisation de ces ressources ou des détériorations qu’elle cause, devrait cotiser dans des fonds communs sur une base de taxe obligatoire fonction des quantités de chaque capital naturel utilisé ou détérioré et de contributions volontaires fonction de la qualité voulue. Ces fonds rémunèreront des « acteurs-gardiens » (en particulier des paysans en milieu rural pour les cours d’eau des bassins versants, des gardes en milieu forestier, des spécialistes de protection de la biodiversité faune/flore/marine, la création d’emplois dédiés à la diminution de la pollution de l’air ou la gestion des déchets en milieu urbain) en charge de gérer la quantité et l’amélioration de la qualité du capital naturel détruit ou endommagé.

 

En final, on devrait constater l’amélioration de la productivité de chaque entreprise concernée à travers des analyses de données « coûts-bénéfices » développées par des experts indépendants. L’État et les collectivités locales, en légiférant sur cette contribution, devraient apprécier tout particulièrement les bénéfices financiers de ces implications du secteur privé dans la protection d’aires naturelles (y compris les parcs nationaux). Aujourd’hui, les contributions des entreprises sont limitées à des actes ‘’marketing’’ de reboisement peu coûteuses et aux effets incertains ou bien à des “actions-spectacles” de nettoyage dit “citoyen” mais aux effets peu durables. Ensemble, les autorités publiques et le secteur privé devraient exploiter l’approche de création d’emplois durables et responsables d’« acteurs-gardiens » en s’inspirant des méthodes du Père Pedro.

 

Il faut un élan national pour que le marché domestique reprenne ses lettres de noblesse. Avant cette crise, beaucoup de facteurs domestiques auront été considérés à juste titre comme des contraintes insolvables par le secteur marchand. À part le phénomène permanent de corruption, on peut citer pêle-mêle la faiblesse du pouvoir d’achat de la population, l’état déplorable des infrastructures économiques (particulièrement dans les transports puis dans la fourniture d’eau et d’énergie), l’absence de politique précise et d’organismes publics de soutien aux entreprises, les lourdeurs administratives inutiles, l’inadéquation du système bancaire dans le financement à long-terme des entreprises, l’absence (ou la méconnaissance) des investisseurs institutionnels locaux, la détérioration de l’environnement qui n’assure plus la pérennité du capital naturel.

 

Les produits d’exportation naturels (vanille, cacao, café, épices, crevettes, plantes pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques, d’autres produits agricoles et de la pêche etc.) et transformés (filière textile, agro-alimentaire, huiles essentielles etc.) et le tourisme sur lesquels Madagascar occupe des places reconnues, devraient rester des priorités pour les entreprises qui les ont développés et on croise les doigts que la crise Covid-19 n’ait pas perturbé leurs filières.

 

Par contre, pour le marché local des cultures vivrières d’usage local ou national, il est triste que l’offre et la demande aient toujours eu du mal à se rencontrer, puisqu’en plus de la faiblesse des infrastructures de transport de marchandises, la logistique de stockage est inexistante et les marchés physiques d’échanges ne sont pas dynamiques. La première étape pour ce rééquilibrage d’intérêt vers le marché domestique devrait porter sur l’amélioration de la collecte d’information sur les produits disponibles d’un côté et les besoins en biens de consommation de l’autre, puis leur mise à disposition pour toutes les parties prenantes : ceci devrait déclencher un cercle vertueux bénéfique aux producteurs, aux industriels et aux consommateurs et des places seront à prendre pour les entreprises de toute taille. Dans ce contexte, la place des analyses de données et de la digitalisation dont on parlera plus bas est stratégique.

 

Toujours dans le cadre de ce recentrage, il faudra mettre en avant le patriotisme économique pour certains secteurs des biens de consommation. Il faudra urgemment un inventaire des capacités industrielles, souvent de petite taille, capables d’approvisionner sur les produits transformés d’utilisation courante et qui ne peuvent concurrencer les produits importés. Le patriotisme devrait l’emporter sur les intérêts d’intermédiaires commerciaux. Les cas des savonneries, des produits laitiers et de tas d’autres produits viennent à l’esprit. L’État et la représentation nationale devraient agir ensemble pour défendre les petits industriels locaux et créer les conditions pour que le système bancaire - soit l’existant, soit en créant une entité financière de développement national - supporte ce virage. En contrepartie, il faudra un engagement fort des entrepreneurs concernés sur la qualité de leur production, sur l’application de règles qui ont été jusqu’ici considérées comme des coûts malvenus comme la responsabilité sociale des entreprises, les normes de pollution, l’efficacité énergétique, la gestion des déchets, le recyclage.

 

Par ailleurs, pour appuyer ce recentrage vers le marché intérieur, il faudra prioriser la re-densification des liaisons aériennes intérieures. Enfin, au-delà des efforts importants que le budget de l’État devra consacrer à l’extension et l’amélioration des infrastructures terrestres et éventuellement ferroviaires, il y a un élan national à concrétiser de façon pratique : au lieu de concentrer beaucoup d’efforts financiers sur les liaisons aériennes internationales utilisées par un petit nombre de la population pour qui la compagnie nationale n’est pas compétitive, il faut que le pays se concentre sur la re-densification du réseau de transport aérien intérieur par un regroupement de toutes les forces existantes, publiques et privées, pour l’augmentation de la flotte et pour qu’elle puisse être à la fois pour les passagers et pour le fret. Ce regroupement, s’il est senti comme soutenu par tout le pays et tous les entrepreneurs, pourrait motiver beaucoup de banques à appuyer la constitution de cette flotte.

 

Il faut mettre l’informatisation et la digitalisation au rang de priorités nationales afin d’accélérer la mise en orbite de Madagascar vers le 21ème siècle. Les commerces qui utilisent des carnets remplis manuellement et des vieilles calculatrices, les administrations qui tiennent des registres en papier conservés dans des armoires et l’enseignement dans des lieux vétustes avec des tableaux noirs et de la craie et aussi les matériels téléphoniques et informatiques vétustes devront rapidement faire partie du passé.

 

Afin que l’accès à l’information soit universel et démocratique, il faudra que les infrastructures de couverture du territoire et de diffusion de l’information soient des plus larges possibles. Madagascar est déjà le 2ème en Afrique en termes de vitesse de chargement, il est donc capable de prendre la tête de tous les classements en informatisation et digitalisation.

 

Il faudra par-dessus tout que les coûts de communications soient drastiquement abaissés et il faudra que tout le monde ait accès aux informations à travers des appareils modernes. A Madagascar, les coûts importants d’investissement dans le secteur des communications sont assumés par des investisseurs privés et les règles de concurrence sont établies en conséquence : il revient à l’État de faire les bons arbitrages afin que ces opérateurs puissent contribuer à satisfaire les besoins fondamentaux du pays, à la fois en jouant son rôle de gardien de l’intérêt public tout en misant sur la responsabilité sociale dont ces entreprises devraient faire montre.

 

En face, afin que les données mises à disposition couvrent les besoins de tout un chacun, il faudra d’abord avoir des compétences de développement informatique et numérique à la hauteur. Les écoles de formation existent mais tant que l’État ne montre pas son fort intérêt à s’assurer qu’elles remplissent en quantité et qualité les besoins en ingénieurs-système, développeurs, organisateurs ou interfaces avec les utilisateurs économiques et grand public, alors les entreprises et la population ne pourront pas exprimer pleinement leurs besoins. Des contrats d’apprentissage entre l’État et les entreprises privées avec ces écoles de formation en informatique devraient être systématisés. Puis un fonds national pérenne à hauteur de plusieurs centaines de milliards d’ariary devrait être créé afin de supporter le développement des startups entre autres celles créées par les anciens élèves de ces écoles : devront y contribuer toutes les entreprises publiques et privées sans exception. De son côté, avec les aides publiques déjà mis en route par les bailleurs de fonds, l’État devrait accélérer son informatisation et sa digitalisation en recourant en priorité aux capacités de ces écoles et de ces startups.

 

On pourrait alors rêver d’une population plus intéressée à utiliser les informations éducationnelles et culturelles que de surfer sur les réseaux sociaux, d’entreprises gérées de manière efficiente et d’une administration plus efficace et plus sûre avec l’informatisation et la digitalisation de leurs services. On pourrait surtout rêver d’un système d’enseignement démocratisé avec l’utilisation d’outils numériques que ce soit dans une école primaire au fin fond du pays, un collège ou un lycée de villes moyennes ou une université régionale.

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Lakroa en direct
  • 25 Nov. 2020 - 12:28-

    l'économie bleue de l'AMDP a été engloutie par la vague orange. Et voilà que le dossier resurgit sous une autre forme avec d'autres acteurs mais toujours économie bleue (orangée).
    https://www.lakroa.mg/item-2465_articles_economie_18-petite-pache-en-paril-madagascar-signe-des-accords-de-pache-destructeurs-avec-des-investisseurs-chinois.html

  • 18 Oct. 2020 - 04:51-

    Arrêt n°10-HCC/AR du 16 octobre 2020 relative à une demande de non-conformité à la Constitution du décret n° 2020-1110 du 9 septembre 2020 portant convocation du collège électoral pour les élections sénatoriales du vendredi 11 décembre 2020 et l’annulation dudit décret, formulée par le KMF/CNOE Fanabeazana Olompirenena. La demande de non-conformité à la Constitution du décret n° 2020-1110 du 9 septembre 2020 portant convocation du collège électoral pour les élections sénatoriales du vendredi 11 décembre 2020 et l’annulation dudit décret, formulée par le KMF/CNOE Fanabeazana Olompirenena, est déclarée recevable. Article 3.-La demande du KMF-CNOE Fanabeazana Olompirenana est rejetée comme mal fondée en vertu des considérants 16 à 27. 

  • 18 Oct. 2020 - 04:50-

    Décision n°17-HCC/D3 du 16 octobre 2020 portant sur des requêtes aux fins d’inconstitutionnalité du décret n°2020-1110 portant convocation du collège électoral pour les élections sénatoriales du 11 décembre 2020. Selon l’article 1, les requêtes sont déclarées recevables mais rejetées comme non fondées sur la base des considérants 17 à 25, 27 et 28 (article 3).

  • 17 Oct. 2020 - 05:06-

    Lu pour vous: Une usine clés en main normande expédiée à Madagascar contre la faim.  https://www.lakroa.mg/item-2413_articles_monde_18-une-usine-clas-en-main-normande-expadiae-a-madagascar-contre-la-faim.html

  • 13 Oct. 2020 - 04:49-

    62 taona ny Repoblika Malagasy. Hetsika maro no fantatra fa ho karakaraina hanamarihana ny faha 62 taona ny nanambarana ny fitsanganan’ny Repoblika Malagasy voalohany. Iray amin’ireny ny karakarain’ny Hetsika Fampiraisana ny Kristianina. Ny 14 oktobra dia hisy ny fotoam-pivavahana hatao ao amin’ny FJKM Atsimon’i  Mahamasina ny maraina amin’ny 9 ora sy sasany ary fikaonan-doha atao ao amin’ny Le pave Antaninarenina kosa ny tapany hariva. Asaina ny rehetra ka ny lohahevitra amin’izany ny hoe « maro tohanan’ny maro »

  • 12 Oct. 2020 - 05:08-

    Lu pour vous. Le Conseil des Ministres du 7 octobre a pris la décision que l’Etat va effectuer des travaux de relevés sismiques marins pour déterminer la ZEE. Et on apprend sur Africa Intelligence que. Il faut rappeller aussi que durant la présidence de Rajaonarimampianina un programme a été lancé en 2017. Quel sous-marin derrière tout cela ? Lu pour vous ne fait que transmettre l’article de Africa Intelligence. https://www.lakroa.mg/item-2404_articles_monde_18-culmen-international-intronisa-conseiller-stratagique-de-la-marine-malgache.html

  • 09 Oct. 2020 - 17:44-

    Marine malgache a un conseiller stratégique. Culmen International pressenti est intronisé conseiller stratégique de la marine malgache Comme l'avait anticipé Africa Intelligence (09/09/20), Culmen International a remporté le 28 septembre le marché de mise à disposition d'un conseiller stratégique pour la marine malgache. Ce contrat est financé par le Département d'Etat américain à hauteur d'un million de dollars. Culmen s'est imposé face à un autre contractor de défense américain, Sincerus Global Solutions, qui a absorbé en juillet la branche internationale du géant Science Applications International Corp (SAIC).

  • 01 Oct. 2020 - 09:23-

    Le mois d’octobre est consacré au  Saint Rosaire. La prière du rosaire se décline en 4 «groupes» de mystères : joyeux, lumineux, douloureux, glorieux. Chacun de ces «groupes» (ou méditations) se décline en 5 mystères. La prière du rosaire, au complet, comprend donc 20 mystères au total. Prier le chapelet, c’est par conséquent, quotidiennement, prier 5 mystères par jour.

  • 30 Sep. 2020 - 07:34-

    #COVID19
    Atontanisa momba ny Covid-19 ny 29 septambra 2020. Sitrana 192 vaovao.  
    Lavo 229 (+ 0).  
    Marary mafy 16 (– 1).
    FITILIANA : Tests PCR (297), Tests GeneXpert (53)
    Marary 29 vaovao : 1 Cas importé, 2 Analamanga,  Sainte Marie, 4 Ambatondrazaka, 2 Amparafaravola, 3 Matsiatra Ambony, 1 Atsimo Andrefana, 1 Menabe, 4 Antsohihy, 1 Bealanana, 5 Sava, 4 Diana

  • 21 Sep. 2020 - 07:15-

    Mikasika ny toeram-pivavahana: Toy izao indray ireo fepetra arahina mandritra ny 15 andro nanomboka ny 19 septambra teo:
    - Misokatra ireo fiangonana sy mosquée rehetra manerana ny Nosy saingy tsy maintsy manaja ireo fepetra rehetra ara-pahasalamana sy ara-pidiovana
    - Hajaina hatrany ny elanelana 1 metatra
    - Manao aro vava orona ny rehetra
    - Raisina ny mari- pana eo am-pidirana
    - Mampiasa gel désinfection
    - Fandrarahana fanafody mamono otrik'aretina
    - Tsy azo atao ny fifandraisan-tanana mandritra ny fotoam-pivavahana.

    Jereo ny fepetra manontolo :

    https://www.lakroa.mg/item-2386_articles_societe_18-ireo-fepetra-arahina-mandritra-ny-15-andro-nanomboka-ny-19-septambra-teo.html

  • 11 Sep. 2020 - 07:15-

    #COVID19 : Antontan'isa ny 10 Septambra 2020
    #Sitrana: 52
    #Tranga_vaovao:104
    • 53 Analamanga, • 17 Antsirabe I, • 2 Antsirabe II, • 1 Mandoto, • 4 Ambositra, • 1 Antsohihy, • 6 Sambava, • 16 Antsiranana I, • 2 Antsiranana II, • 2 Ambilobe
    FITILIANA : Tests PCR (676), Tests GeneXpert (66)
    #Tranga_misy_fahasarotana: nijanona ho 48 (-3)
     #Aina_nafoy: 02

  • 10 Sep. 2020 - 06:51-

    #COVID19 : Antontan'isa ny 9 Septambra 2020
    #Sitrana: 24
    #Tranga_vaovao: 85
    Analamanga :22, Alaotra Mangoro :16 (10 :Ambatondrazaka,04 :Amparafaravola), Matsiatra ambony :01, V7V :05 (Manakara), Boeny : 01, Sofia : 05(Mandritsara), Melaky : 01(Maintirano), Anosy :01 (Amboasary atsimo), Menabe : 14(Morondava), SAVA : 04(Sambava), Diana : 15(14 :Antsiranana I, 01 Antsiranana II)
    #Tranga_misy_fahasarotana: nijanona ho 53
     #Aina_nafoy: 00

  • 09 Sep. 2020 - 08:05-

    #COVID19 08 SEPTAMBRA 2020 
    #Sitrana : 35 vaovao :
    #Lavo 206 (+ 4)
    #Marary_mafy 53 (+ 2)
    #Fitilana
    Tests PCR (210) Tests GeneXpert (87)
    #Marary vaovao  83
    • 44 Analamanga, • 10 Ambatondrazaka, • 4 Amparafaravola, • 3 Matsiatra Ambony, • 3 Boeny, • 7 Sofia, • 9 Antsiranana I, • 1 Antsiranana II, • 2 Sambava

  • 09 Sep. 2020 - 08:04-

    Fiaraha-monina mifamelona sy mifanohana. Izay no foto-kevitra notohanan’ny AFK izay Ivotoerana fikarohana sy fanofanana ho vahaolam-pampandrosoana hanavotana ny firenena. Nandritra ny famelabelaran-kevitra natao teny Alarobia ny sabotsy 5 septambra lasa teo no nanehoany izany. Mila hapetraka eto amin’ny Firenena ny fihavanana matotra sy marina. Ity rafi-pampandrosoana ity dia tsy mila famatsiam-bola avy any ivelany araka ny nambaran’Atoa Andriamparany Ricky filohan’ny Ivontoerana. Ny AFK na ny Antso Fiarahamonina Kristianina (AFK) dia ivotoerana fikarohana sy fanofanana.

  • 08 Sep. 2020 - 07:14-

    #COVID19  Antontan’isa ny 7 septambra 2020

    #COVID19  Antontan’isa ny 7 septambra 2020
    #Sitrana: 45
    #Tranga_vaovao: 33
    • 17 Analamanga, • 6 Tsiroanomandidy, • 1 Matsiatra Ambony, • 3 Antsiranana I, • 2 Sambava, • 2 Atsimo Andrefana, • 2 Mahajanga I
    #Namoy_ny_ainy: 02
    #Fitiliana
    Tests PCR (439) Tests GeneXpert (33)

  • 07 Sep. 2020 - 09:23-

    Hafatry ny Biraon’ny Fivondronamben’ny Eveka eto Madagasikara noho ny tsingerintaona voalohan’ny fitsidihana apostolika nataon’ny Papa Fransoa teto Madagasikara, vakianao ao amin’ny rohy https://www.lakroa.mg/item-2367_articles_dossier_18-hafatry-ny-eveka-aminaizao-tsiahy-ny-fitisidihana-pastoraly-nataonany-papa-fransoa.html

  • 07 Sep. 2020 - 03:40-

    Fepetra vaovao manomboka ny 6 septambra. 5) Mahakasika ny fiangonana
    Afaka misokatra avokoa ny fiangonana sy ny mosquée manerana ny Nosy saingy tsy maintsy hajaina ny elanelana 1m ary manao aro vava-orona daholo ny rehetra fa indrindra mila hajaina ny fepetra ara-pahasalamana sy ara-pidiovana
    Ny faritra Analamanga, Vakinankaratra, Alaotra Mangoro, Boeny, Sava ary Diana dia tsy azo mihoatra ny 100 ny mpiangona

  • 07 Sep. 2020 - 03:39-

    #COVID19 : Antontan'isa ny 6 septambra 2020
    #Sitrana: 26
    #Tranga_vaovao: 50
    • 30 Analamanga, • 2 Vakinankaratra, • 5 Matsiatra Ambony, • 3 Amoron’i Mania, • 2 Sofia, • 4 Diana, • 2 ..., • 2 Atsimo Andrefana
    #Fitiliana : 469
    Tests PCR (413) Tests GeneXpert (56)
    #Namoy_ny_ainy: 01

  • 06 Sep. 2020 - 04:47-

    Didim-panjakana manalava ny fahamehana ara-pahasalamana. Noraisin’ny filoham-pirenena, nandritra ny Filankevitry ny minisitra natao ny asabotsy 5 septambra 2020 ny didim-panjakana laharana faha-2020-1087 izay manalava ny fotoana hampiarana ny fahamehana ara-pahasalamana araka ny andininy voalohany manao hoe : mitohy mandritra ny 15 andro eto amin’ny tanin’ny Repoblikan’i Madagasikara, manomboka amin’ny fotoana hivoahan’ity didim-panjakana ity ny « Fahamehana ara-pahasalamana » noho ny antony ara-pahasalamana, noho ny fisian’ny toe-javatra goavana mampisahotaka ny fiainam-bahoaka, mba hampizotra ara-dàlana ny asan’ireo fahefam-panjakana araka ny didim-panjakana laharana faha 2020-359 tamin’ny 21 martsa 2020… (sy ny manraka rehetra)

  • 06 Sep. 2020 - 03:14-

    #Covid-19: Antontan'isa ny 05 septambra 2020
    #Sitrana: 38
    #Namoy_ny_ainy: 01
    #Tranga_vaovao: 82 tamin'ireo 641 nanaovana fitiliana.
    Analamanga: 46, Alaotra Mangoro: 3, Haute Matsiatra: 2, Manakara: 4 , Ihorombe: 1, Sava: 11, Diana: 15
    #Fitiliana 641
    #Tranga_misy_fahasarotana: 46

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