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Iles Malagasy

Pour le Sénat français « Les îles Eparses, terres d’avenir ».

Recueillis par RRJ il y a 2 années

Les Iles Eparses font couler beaucoup d'encre. Les démarches du côté malagasy s'éparpillent. Voici la vision des Sénateurs francçais. Que vont dire les futurs sénateurs malagsay ? De leur côté, les députés font recevoir ce vendredi avant la clôture de la session ordinaire des représentants d'un des parties qui réclament le retour des îles Malagasy.

Pour le Sénat français « Les îles Eparses, terres d’avenir ».

Le Sénat français : « Les îles Eparses, terres d’avenir ».

 

Dossier complet

 

INTRODUCTION

Mesdames, Messieurs,

 

Les îles Eparses, cinq petites îles et atolls de l’océan Indien (Bassas da India, Europa, Glorieuses, Juan de Nova et Tromelin), constituent depuis la loi du 21 février 2007 le cinquième district des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Elles ont fait l’objet en 2009 d’une exposition médiatique particulièrement importante. En effet, les TAAF ont organisé pour la première fois une rotation exceptionnelle du navire logistique et océanographique Marion Dufresne dans ces îles en avril-mai 2009. Cet événement a permis de mieux faire connaître ces minuscules coins de terre disséminés dans le canal du Mozambique et dans l’Océan Indien, qui présentent un potentiel écologique et économique considérable pour la France. Ces îles devraient ainsi jouer un rôle clé dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité en 2010.

Aussi le groupe d’études sur l’Arctique, l’Antarctique et les Terres australes a-t-il souhaité faire connaître les atouts et enjeux de ce territoire, en organisant le 5 octobre 2009, en étroite association avec l’administration des TAAF, un colloque consacré aux îles Eparses, à leur intérêt en matière d’étude et de protection de la biodiversité, mais aussi à leur histoire et leur situation géopolitique stratégique.

Le président du groupe d’études, rattaché à la commission des lois du Sénat, a présenté une synthèse du colloque lors de la réunion de la commission des lois du mercredi 17 février 2010, sous la présidence de M. Jean-Jacques Hyest, président. La commission a alors autorisé la publication du présent rapport.

Ce colloque a permis d’évoquer les multiples atouts de ces terres exceptionnelles, et de lancer des pistes de travail afin de valoriser leur situation géographique et d’oeuvrer à la protection de leur fragile écosystème. Ont ainsi été abordés les thèmes de la coopération régionale entre Mayotte et les TAAF, à travers le prisme de la récente départementalisation de Mayotte, de la gestion raisonnée des ressources halieutiques, de la mémoire et de l’histoire de l’île Tromelin, de la recherche en sciences de l’univers et de l’impact des changements globaux sur la biodiversité.

Il a également permis de prendre toute la mesure de la richesse et la beauté de ces îles, véritables réserves naturelles, qui doivent demeurer des espaces protégés et des sanctuaires de biodiversité. Elles constituent en effet des laboratoires pour l’étude des sciences de la vie, de l’univers et la météorologie. Comme l’ensemble des terres australes françaises, elles offrent un lieu d’observation, qui doit être ouvert à l’ensemble des chercheurs souhaitant faire progresser la connaissance de notre planète. Il convient donc de favoriser et de développer ces îles, notamment en matière de recherche, tout en veillant à respecter des normes environnementales compatibles avec cette partie du monde.

Enfin, votre rapporteur remercie M. Rollon Mouchel-Blaisot, préfet administrateur supérieur des TAAF et les services des TAAF, pour le précieux concours qu’ils ont apporté à l’organisation du colloque du groupe d’études et pour les cartes et photographies dont il a autorisé la reproduction dans le présent rapport.

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I. UNE SITUATION STRATÉGIQUE DANS L’OCÉAN INDIEN, AU SERVICE DE LA COOPÉRATION RÉGIONALE

 

M. Rollon Mouchel-Blaisot, préfet, administrateur supérieur des TAAF, a rappelé que la présence des TAAF dans la zone des îles Eparses était récente. En 2005, l’Etat a confié l’administration des terres australes aux TAAF, créées en 1955 pour l’administration des terres antarctiques et subantarctiques. En 2007, les îles Eparses ont été intégrées à la collectivité d’outre-mer des TAAF. Pour en assurer l’administration, les TAAF ont dû se redéployer à moyens constants. Ces îles, auparavant sous la tutelle directe du ministre chargé de l’outre-mer, sont désormais intégrées à un territoire de la République, faisant de la zone économique exclusive entourant les TAAF la deuxième zone maritime française1(*) d’une surface de 2,4 millions de kilomètres carrés. Leur intégration a également consolidé la présence française à La Réunion.

Il a indiqué qu’à ce premier défi géographique s’ajoutait un défi administratif, consistant à instruire les demandes de recherche et à assurer le portage des demandes des acteurs économiques, dans le respect des principes généraux fondant l’administration des TAAF. Celles-ci sont en effet conçues avant tout comme des territoires voués à la recherche et à la biodiversité. Le respect de ces principes implique notamment une gestion durable des ressources halieutiques.

Les îles Eparses présentent également un défi logistique. L’héritage de ces îles en 2005-2007 incluait en effet les déchets accumulés depuis des décennies. Avec le navire Marion Dufresne, les TAAF ont effectué dans la zone une rotation exceptionnelle, à l’issue de laquelle des tonnes de déchets ferreux, d’hydrocarbures, d’huile et de décharges sauvages ont été récupérés. Plus d’une cinquantaine de scientifiques accompagnaient la rotation pour redécouvrir le potentiel de ces îles. Cette rotation a également servi à délivrer une prestation de fret aux militaires, qui assurent une présence permanente sur les trois îles du canal du Mozambique, la quatrième étant occupée par le personnel de Météo France.

Selon M. Rollon Mouchel-Blaisot, cette opération est symbolique des projets souhaités pour les îles Eparses, au potentiel exceptionnel. Celles-ci constituent la nouvelle frontière des TAAF. Il importe de commencer par définir un véritable projet pour cette zone, en s’appuyant notamment sur les contributions du colloque, avant d’aborder la problématique des moyens puis d’élaborer une feuille de route. Les défis logistiques et politiques devront être relevés à un niveau interministériel.

M. Philippe Leyssene, Ambassadeur délégué à la coopération régionale dans la zone de l’Océan Indien a rappelé que la problématique de la coopération régionale dans la zone des îles Eparses n’est pas simple.

Plusieurs axes pourraient néanmoins permettre de faire des îles Eparses un véritable trait d’union maritime de la France de l’Océan Indien au service d’une coopération régionale.

 

1. Faire en sorte que les îles Eparses rapprochent demain les Etats de la zone qu’elles opposent aujourd’hui

M. Philippe Leyssene a rappelé que la souveraineté française était contestée par Madagascar sur les îles du canal du Mozambique et par la République de Maurice sur l’île de Tromelin. Dans ce contexte, le développement de la coopération régionale passe par l’établissement d’un partenariat constructif tourné vers l’avenir, autour d’axes de coopération partagés. L’ouverture de négociations bilatérales avec la République de Maurice sur l’île de Tromelin constitue un premier pas.

* 1 La première ZEE française est celle de la Polynésie qui couvre 4 867 370 km², soit 47,14 % de la surface totale des ZEE françaises (10 191 900 km²).

 

2. Valoriser leur potentiel et étudier les objets de coopération régionale

Selon M. Philippe Leyssene, plusieurs pistes de coopération régionale peuvent être identifiées :

· Le premier enjeu, géopolitique, consiste à trouver des accords pour mieux organiser les routes maritimes du canal du Mozambique.

· Le second concerne les services météorologiques, installés depuis longtemps dans cette zone. En remplissant une mission de suivi des cyclones et en participant à l’élaboration d’un système d’alerte, ils confèrent à la France une place essentielle dans cette région du monde.

· Le troisième enjeu concerne la pêche maritime, une préoccupation majeure des partenaires de l’Océan Indien, au regard des 640 000 kilomètres carrés de zone économique exclusive (ZEE) sous juridiction française.

· Un quatrième secteur de coopération régionale pourrait être la protection de l’environnement et de la biodiversité. Les îles Eparses peuvent jouer un rôle de témoin, dans la mesure où elles abritent un vaste spectre d’oiseaux marins à partir duquel peuvent être menées des observations scientifiques. Elles présentent un intérêt certain pour l’avenir de la planète. Le suivi des courants marins, par exemple, donne une idée relativement précise du réchauffement climatique. Toute action de renforcement des synergies de coopération entre opérateurs et Etats dans ce domaine doit être encouragée.

M. Philippe Leyssene a indiqué que le développement de la coopération régionale impliquait une meilleure information. Améliorer la connaissance de ces îles permettrait d’aboutir à une appropriation collective. En effet, ces terres ne sont pas seulement françaises : elles sont également dotées d’une histoire spécifique dans l’Océan Indien. Les esclaves oubliés de l’île de Tromelin en sont un exemple. Ce sujet a contribué à faire connaître une partie de l’histoire de l’île, tout en apportant un regard nouveau sur l’histoire de l’esclavage.

Par ailleurs, l’Etat et les collectivités doivent réintégrer les outils de coopération régionale existants, tels que la Conférence de coopération régionale, voire la commission de l’Océan Indien. En effet, malgré les lois de 2005 et 2007, toutes les conséquences des évolutions administratives n’ont pas été tirées.

 

3. Intégrer les îles Eparses au réseau des Aires marines protégées

La position de la France dans le canal du Mozambique présente un atout considérable, lui permettant de s’impliquer dans les affaires internationales de la zone tout en tirant profit des ressources naturelles d’un espace maritime sous sa juridiction d’environ 425 000 km².

La position française est également importante du point de vue de la protection du milieu marin. Une politique active dans ce domaine contribuerait à l’effort mondial de protection de l’environnement et de la biodiversité tout en légitimant la juridiction française de ces espaces.

M. Jérôme Bignon, député, Président de l’agence nationale des Aires Marines Protégées, a ainsi évoqué la possibilité d’intégrer les îles Eparses au réseau des « aires marines protégées », mode de gestion de l’espace marin qui met en avant la protection de la nature, à travers des dispositions réglementaires telles que Natura 2000. Les aires marines protégées reposent sur un système de gouvernance conciliant les impératifs de protection de l’environnement et des activités humaines, à travers, par exemple, les « parcs naturels marins ». Cette solution est souvent privilégiée dans les zones où l’activité humaine dépend de la protection du milieu. Dans tous les cas, un effort considérable de connaissance du milieu marin est accompli et un dispositif de contrôle est mis en place.

La création d’aires marines dans les îles Eparses supposerait de développer une vision cohérente avec celle de Mayotte et de mener la réflexion à l’échelle du canal du Mozambique. Un sujet de coopération régionale concret se poserait alors aux deux collectivités, à savoir Mayotte et les TAAF, et aux pays voisins. L’une des pistes d’action possibles pourrait être la signature de conventions internationales.

M. Jérôme Bignon a rappelé que les objectifs internationaux sont anciens et nombreux dans le domaine de la protection du milieu marin. La convention de Rio signée en 1992 fixait l’objectif d’un réseau mondial cohérent de réserves marines d’ici 2012.

La France a poursuivi ses engagements, à travers notamment le Grenelle de la Mer, dont l’une des conclusions concerne la couverture de 10 % des eaux maritimes françaises d’ici 2012 et 20 % d’ici 2020. Pour en garantir la réalisation et assurer la protection de ces espaces, des moyens considérables sont nécessaires.

 

Les aires marines protégées

L’Agence nationale des Aires marines protégées a été créée par la loi n° 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux, tirant les conséquences de l’adoption par la France du programme international sur les aires marines protégées dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, ratifiée par plus de 150 Etats dans le but d’élaborer des stratégies pour la biodiversité au niveau pan européen, communautaire et national.

L’article 18 de la loi définit les missions de l’Agence, qui «  anime le réseau des aires marines protégées françaises et contribue à la participation de la France à la constitution et à la gestion des aires marines protégées décidées au niveau international ». Dans ce but, elle « peut se voir confier la gestion directe d’aires marines protégées ». Elle est chargée d’un triple rôle d’ « appui technique, administratif et scientifique aux autres gestionnaires d’aires marines protégées », et promeut des projets de constitution d’aires marines protégées au sein d’un réseau cohérent.

Les aires marines protégées sont des espaces marins délimités qui font l’objet de programmes de protection adaptés, généralement associés à des objectifs de développement économique local et de gestion durable des ressources naturelles.

Les aires marines protégées font l’objet d’un certain nombre de mesures de gestion visant à assurer leur protection : suivi scientifique, programme d’actions, charte de bonne conduite, protection du domaine public maritime, réglementation, surveillance, information du public…

La liste des catégories d’aires marines protégées figure dans la loi du 14 avril 2006, et comprend : les parcs nationaux et réserves naturelles ayant une partie maritime, les parcs naturels marins, les arrêtés de biotope, les sites Natura 2000 ayant une partie maritime, ainsi que les parties maritimes du domaine relevant du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres.

Il est actuellement envisagé d’y intégrer également les sanctuaires de mammifères marins ou encore, pour des mesures sectorielles, les cantonnements de pêche.

 

4. Poursuivre le processus de protection de la zone enclenché à Mayotte

La départementalisation prochaine de Mayotte, ainsi que la création de son parc naturel marin par le décret du 18 janvier 2010, témoignent de l’action de l’Etat en faveur de ce territoire voisin des îles Eparses.

Le parc naturel marin inclut l’ensemble des eaux sous juridiction au large de Mayotte, ce qui en fait le plus vaste d’outre-mer, s’étendant sur près de 70 000 km², et comptant près de 200 km de récifs coralliens.

M. Jérôme Bignon a rappelé que deux années de concertation avaient été nécessaires à l’élaboration de ce projet ambitieux, qui concrétise le positionnement de la France en matière de protection des espaces marins. Il témoigne d’un investissement significatif en termes de connaissance et de suivi du milieu marin à Mayotte, ainsi que de développement durable des activités humaines.

Ce projet fait l’objet d’une convention entre l’agence nationale des Aires Marines Protégées et les TAAF. Dans ce cadre, plusieurs actions sont en cours, dont un inventaire des ressources disponibles et une synthèse bibliographique. M. Jérôme Bignon a affirmé que le principe de création d’une réserve naturelle sur Europa était acquis. L’intérêt biologique de Bassas da India est connu, de même que le principe d’une gestion précautionneuse des ressources halieutiques. De nombreux éléments sont déjà disponibles, qu’il faut désormais assembler pour mettre en place un plan cohérent dans le canal du Mozambique. Selon lui, l’opportunité d’une complémentarité entre les îles Eparses et Mayotte est claire. Elle permettrait de coordonner l’approche écologique de la zone, de donner du sens à l’action française au niveau international ainsi que de mutualiser les moyens sur des problématiques communes. Néanmoins, la réalisation de ces projets nécessite des moyens conséquents.

En conclusion, M. Jérôme Bignon a rappelé les actions en cours :

 la réalisation de campagnes exploratoires dans les eaux de Mayotte en 2010 ;

 la campagne de cartographie 3D et la valorisation de cette campagne ;

 le mouillage de cinq hydrophones ciblant les mammifères marins ;

 l’inventaire statistique des oiseaux et mammifères marins par survol aérien.

Il s’est félicité de l’importance du travail de fond engagé sur les îles Eparses, témoin de la priorité qui leur est accordée par l’agence. En effet, un contrat d’objectif mentionne désormais la coopération entre l’agence et les TAAF. La richesse de la biodiversité des îles Eparses devrait suffire à motiver le renforcement de cette coopération.

M. Rollon Mouchel-Blaisot a réaffirmé la volonté de L’Etat de faire d’Europa une aire marine protégée et d’accélérer la protection des aires marines au-delà des Glorieuses. Il importe d’accompagner ce mouvement et de soutenir la mutualisation des orientations et des moyens par l’agence.

 

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M. Michel Lourd, directeur des recherches archéologiques sous-marines, a indiqué que le patrimoine culturel sous-marin restait tout aussi menacé que le patrimoine naturel. Le canal du Mozambique, notamment Bassas da India, constitue l’une des réserves les plus importantes d’épaves, dont certaines datent du 14ème siècle. Il est aussi l’un des lieux les plus pillés au monde. Ce patrimoine immergé, qui fait partie du patrimoine mondial de l’humanité, doit être pris en compte. Il importe de protéger la richesse archéologique remarquable de ces sites.

M. Rollon Mouchel-Blaisot a déploré que le canal du Mozambique soit effectivement particulièrement menacé par les pillages et la plongée clandestine. La possession d’immenses zones maritimes doit s’accompagner d’une protection appropriée. A cet effet, l’Etat est conscient de l’importance du rôle de l’armée, mais travaille sur la montée en puissance de forces civiles capables de soulager l’action des forces armées, d’un point de vue humain et logistique. Les TAAF interviennent aux côtés de l’armée pour maintenir une présence sur ces îles. Il a indiqué qu’une réflexion ministérielle était en cours sur les moyens nautiques et financiers qui seraient nécessaires, comme par exemple un navire assurant la logistique et le contrôle de la zone.

Mme Chantal Poiret, ambassadrice chargée de coordonner l’action de la France dans la lutte internationale contre la piraterie maritime, a expliqué que les îles Eparses étaient relativement protégées du péril de la piraterie, contrairement à la ZEE seychelloise. Les Glorieuses ou Juan de Nova, par exemple, ne semblent pas pouvoir constituer d’éventuelles bases arrière pour la piraterie. Cependant, aucun scénario ne pouvant être exclu, il serait utile de maintenir une présence militaire dans ces îles.

M. Christian Cointat a approuvé la nécessité d’assurer une présence sur toutes les îles Eparses habitables. Si la France ne maintient pas ses positions, d’autres s’y installeront dont les visées pourraient ne pas être aussi humanistes. Sans l’armée, cette partie importante du territoire national serait menacée.

 

II. UN LABORATOIRE POUR LA GESTION RAISONNÉE DES RESSOURCES HALIEUTIQUES

 

M. Francis Marsac, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement, Président du comité scientifique de la commission des thons de l’Océan Indien (CTOI), a présenté un panorama de l’état actuel des ressources halieutiques, qui n’apparaissent plus inépuisables depuis la deuxième moitié du XXème siècle et la globalisation des pêcheries.

 

1. La tendance mondiale des pêches

A l’échelle mondiale, la pêche a connu un accroissement constant jusqu’à la fin des années 1980, avant de se stabiliser autour de 80 millions de tonnes au début des années 1990. Les extractions se concentrent sur les gros individus, au risque de ne plus pêcher, à terme, que des petits poissons voire des mollusques, par retrait progressif des maillons de la chaîne alimentaire. Les pêcheries se sont également étendues vers les profondeurs, notamment dans l’hémisphère Sud, tandis que la surpêche des populations locales était masquée par la découverte de nouvelles zones de pêche.

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Les principales causes de la surpêche sont liées à la demande croissante du marché, à l’effet pervers de l’établissement des ZEE de 200 milles à la fin des années 1970 ainsi qu’aux subventions gouvernementales de soutien à la pêche. La performance technologique des flottilles joue également un rôle, de même que les activités de pêche illicites, le manque de gouvernance et la « tragédie des communs2(*) ».

Dans l’Océan Indien, les crustacés et les mollusques se maintiennent à un niveau stable et peu élevé, en comparaison des poissons, dont la pêche s’accroît. Le taux de capture dans l’Océan Indien était inférieur au niveau mondial jusque dans les années 1980, avant que la tendance ne s’inverse dans les années 1990. En 2005, la proportion des poissons côtiers s’est fortement accrue, de même que la pêcherie thonière.

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2. La pêcherie thonière

L’Océan Indien a connu un développement considérable de ses pêcheries thonières dans les années 1980. Le taux d’accroissement des prises a été comparable d’un océan à l’autre, excepté pour le Pacifique Est.

 

Quatre engins principaux exploitent le thon :

 la senne tournante, réalisée sur deux types de bancs, soit associés à un objet flottant, soit libres ;

 la palangre artisanale ou industrielle, qui capture des poissons de grande taille ;

 la canne à l’appât vivant, utilisée uniquement dans les Maldives ;

 les filets maillants, déployés dans les zones côtières des pays du Nord de l’Océan Indien.

La palangre représente 19 % des prises, la senne tournante, 26 %, la canne à l’appât vivant, 9 %, et les filets maillants, 34 %. Les pêcheries artisanales sont une composante majeure de la pêche thonière dans l’Océan Indien : cinq pays rassemblent à eux seuls 85 % des captures.

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Selon l’évaluation de la CTOI, les stocks d’espadon et de patudo se réduisent, tandis que l’albacore est en danger.

Actuellement, les défis de la CTOI sont les suivants :

 développer et maintenir des systèmes de collecte des données de pêche, avec notamment le soutien du Japon et celui, annoncé, de la communauté européenne ;

 réduire la capacité de pêche, c’est-à-dire l’intensité de l’effort déployé dans les zones de pêche, qui résulte de l’accroissement de la puissance de pêche des flottilles ;

 lutter contre la pêche illégale, en faisant notamment passer des résolutions, dont cinq ont été adoptées depuis 2002 ;

 réduire autant que possible les impacts de la pêche sur les espèces non ciblées, dans une approche écosystémique ;

 répartir équitablement les bénéfices de la rente thonière, dans un contexte marqué par la pêche artisanale.

S’agissant des prises accessoires, M. Françis Marsac a précisé que des résolutions récentes avaient été adoptées pour les réduire, et qu’un groupe de travail avait été créé sur le sujet. Les TAAF ont également proposé un certain nombre de mesures, dont un programme d’observateurs à la mer.

* 2 « La tragédie des communs » est une expression tirée du livre du biologiste Garret Hardin, publié en 1968 (Titre original : « The tragedy of Commons »). Hardin a formalisé pour la première fois une thèse fataliste sur la disparition inéluctable des ressources communes de l’humanité (eau, biodiversité, océans, ressources fossiles, etc.). Cet ouvrage a inspiré depuis, directement ou indirectement, la plupart des grands textes et conventions internationales concernant la gestion des ressources communes.

 

3. Le rôle des TAAF

ZEE Iles Eparses

Le Canal du Mozambique couvre une surface de 1,8 million de km². La ZEE française, qui inclut Mayotte, les îles Eparses et les Glorieuses, en couvre 29 %, soit 525 000 km². Les captures moyennes à la palangre y représentent 12 000 tonnes (4 % des captures de l’Océan Indien) pour une valeur de 43 millions de dollars, dont 2 000 tonnes en zone française pour 7,5 millions de dollars. Les captures moyennes de senne représentent 25 000 tonnes (10 % des captures de l’Océan Indien), pour une valeur de 25 millions de dollars, dont 4 000 tonnes en zone française pour 4 millions de dollars.

 

Les TAAF jouent un rôle réglementaire. Elles contrôlent l’accès aux zones de pêche et les obligations déclaratives, à travers la délivrance de licences de pêche et la vérification des livres de bord. Elles assurent également le contrôle et l’observation des prises accidentelles. Pour 2010, les prescriptions techniques sont renforcées vers une pêche plus responsable et écologique et tentent de préserver l’accès à la ressource par les communautés locales. Une convention a été signée à ce sujet entre le préfet des TAAF et les autorités de Mayotte.

Au niveau européen, il a évoqué la position particulière de la France, dans la mesure oùles îles Eparses ne font pas partie de l’Union européenne. La préparation des résolutions de la CTOI se fait en commun accord avec l’Union Européenne.

En conclusion, M. Francis Marsac a rappelé que l’approche écosystémique, qui consiste à réconcilier pêche et conservation et à développer l’éco-certification, était désormais incontournable. Les TAAF se sont délibérément engagées sur la voie d’une pêche respectueuse de l’environnement, en tenant compte des recommandations du CTOI et en mettant en place des mesures effectives de contrôle, et sont ainsi en mesure de jouer un rôle majeur dans la gestion des ressources halieutiques.

M. Rollon Mouchel-Blaisot a insisté sur le rôle précurseur que pourrait jouer la France grâce à ses pays et territoires d’Outre-mer, véritable force de proposition et d’influence aux côtés de l’Europe.

 

III. TROMELIN, ÎLOT DE MÉMOIRE ET D’HISTOIRE

 

L’histoire humaine des îles Eparses est méconnue et pourtant riche. Les esclaves oubliés de l’île de Sable, ensuite dénommée île de Tromelin, en sont l’illustration.

 

Le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage sur les esclaves oubliés de l’île de Tromelin, installé le 10 mai 2009, s’inscrit dans le prolongement du Comité pour la mémoire de l’esclavage, installé en janvier 2004 en application de la loi du 21 mai 2001, tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.

Mme Françoise Vergès, présidente du Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage sur les esclaves oubliés de l’île de Tromelin, a raconté l’histoire de ces femmes et de ces hommes capturés au 18ème siècle à Madagascar pour être vendus en esclavage, abandonnés sur l’île de Sable après le naufrage du navire qui les transportait.

Leur naufrage et leur sauvetage vont passionner l’Europe, mais peu d’éléments de leur vie dans un environnement si hostile sont connus. Les fouilles des archéologues ouvrent des pistes de compréhension. Trois édifices construits à base de corail ont été mis à jour, ainsi que quatre cent objets d’usage quotidien réalisés à partir de la récupération de métaux sur le navire naufragé. Des ossements humains appartenant à deux individus distincts ont également été découverts. Ces éléments apportent la preuve d’une organisation sociale, donc culturelle. Jour après jour pendant quinze ans, ces hommes et ces femmes ont tissé les liens d’une petite société, sans renoncer. En cela, ils conduisent à dépasser les présupposés.

Les esclaves de Tromelin sont désormais sortis de l’oubli. L’émotion suscitée par les objets qu’ils ont laissés, témoins de leur humanité, est grande. Pour toutes ces raisons, Mme Vergès a rappelé l’importance de préserver Tromelin comme lieu d’histoire et de mémoire. La traite négrière et l’esclavage sont en effet au coeur de l’histoire de la modernité européenne. Quatre siècles de lutte relient des hommes à travers les continents et les siècles, qui ont mis en relation des mondes jusque là étrangers et mobilisé les plus grandes consciences.

Cette histoire inscrit l’île parmi les lieux de mémoire de l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage colonial, et pose également la question de la conscience individuelle face à une injustice. Elle introduit un débat, encore non épuisé, sur la liberté et la dignité, et rétablit une vérité sur l’égalité de tous les êtres humains. Pour cela, l’île de Tromelin, devenue un symbole de la lutte inextinguible pour la dignité et la liberté, doit absolument être préservée. Elle a fait l’objet d’un rapport par le groupe de recherches sur l’archéologie navale, dont les fouilles se sont révélées d’une valeur inestimable.

M. Rollon Mouchel-Blaisot a souhaité que Tromelin puisse devenir un espace protégé, et évoqué l’idée d’une exposition internationale, susceptible de faire naître des coopérations particulièrement intéressantes dans la région. Un lieu de mémoire pourrait également être envisagé, dans un geste architectural fort, en tant qu’hymne à la vie et à la liberté.

 

La tragédie des naufragés de l’île de Tromelin

Le 31 juillet 1761, après une erreur de navigation, l’Utile, un navire de la Compagnie française des Indes orientales, fait naufrage sur les récifs de l’île de Tromelin (alors baptisée île de Sable), en revenant de Madagascar. Le trois-mâts était parti de l’île Maurice (alors appelée Île de France) avec 120 hommes d’équipage pour aller chercher clandestinement un nombre inconnu d’hommes et de femmes, sur la côte orientale de Madagascar, dans le but de les réduire en esclavage à Maurice. Lorsqu’ils s’échouent sur les récifs entourant l’île, de nombreux esclaves restent prisonniers de la cale où ils étaient cantonnés.

L’équipage ainsi qu’une soixantaine de Malgaches parviennent toutefois à rejoindre l’île. Sous le commandement de La Fargue, le capitaine du navire, puis de son second, Castellan, les naufragés réussissent à survivre en construisant deux campements (un pour l’équipage et un pour les esclaves), en creusant un puits, et en se nourrissant des dernières vivres, puis de tortues et d’oiseaux de mer. Le bois de l’épave est utilisé pour construire une embarcation, sur laquelle prennent place deux mois plus tard les membres de l’équipage, qui promettent aux Malgaches laissés sur l’île avec quelques vivres de revenir les chercher. Arrivés à Maurice, les marins signalent que des survivants sont restés sur l’île, mais, malgré leur insistance, le gouverneur refuse de porter secours aux Malgaches, car l’Utile avait enfreint l’interdiction d’importer des esclaves à Maurice. La nouvelle de cet abandon parvient finalement jusqu’à Paris, où des écrivains des Lumières, tels que Condorcet ou Bernardin de Saint-Pierre, s’émeuvent de cette situation. La Guerre de Sept ans et la faillite de la Compagnie conduisent toutefois quelques années plus tard à l’oubli des naufragés.

En 1773, un navire passant à proximité de l’île repère les survivants et les signale de nouveau aux autorités de l’île Maurice, qui envoient un bateau. Celui-ci n’arrive pas à s’approcher de l’île et le sauvetage échoue. Un an plus tard, une deuxième tentative de sauvetage reste infructueuse, le navire ne parvenant pas à accoster sur l’île. Ce n’est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage de l’Utile, que le chevalier de Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, récupère les 8 survivants : 7 femmes et un enfant de huit mois, tous vêtus de pagnes de plumes tressées. Les survivantes ont réussi à maintenir un feu allumé pendant quinze ans, grâce au bois provenant de l’épave, l’île étant dépourvue d’arbre. Lors de leur arrivée à Maurice, le Gouverneur affranchit les rescapés.

En octobre et novembre 2006, une expédition archéologique baptisée « « Esclaves oubliés », menée par Max Guérout, ancien officier de la marine française et vice-président du Groupe de recherche en archéologie navale (Gran) et placée sous le patronage de l’UNESCO a permis d’en savoir plus sur l’organisation et les conditions de vie des naufragés pendant ces quinze années.

Une deuxième expédition organisée en novembre 2008 n’a pas permis de retrouver de sépulture, mais des récipients en cuivre témoignant du mode de vie adopté par les esclaves.

 

IV. UN EMPLACEMENT PRIVILÉGIÉ POUR LES SCIENCES DE L’UNIVERS

 

M. Rollon Mouchel-Blaisot a rappelé que lors de l’attribution des îles Eparses aux TAAF, Dominique Le Quéau, directeur de l’Institut national des sciences de l’univers (INSU) a été chargé de réfléchir à l’élaboration d’une stratégie de recherche, en lien avec les conseillers scientifiques des TAAF et l’Institut National de l’Ecologie et de l’Environnement, et de mettre en place le comité de sélection des projets dans une perspective d’excellence scientifique. Une grande diversité de thèmes de recherche y est aujourd’hui développée.

M. Jérôme Dyment, chargé de recherche au CNRS, a rappelé que l’Océan Indien constitue une priorité stratégique de l’INSU, à plusieurs titres : le seul territoire d’outre-Mer où s’établit un Observatoire des Sciences de l’Univers est situé dans cet océan. C’est également un lieu de recherche où développer des collaborations avec l’Afrique du Sud et de l’Est, l’Inde et l’Australie. Les îles Eparses offrent enfin une situation offrant des sujets de recherche uniques aux sciences de l’univers. Il convient de les utiliser au mieux pour comprendre le fonctionnement d’une interaction océan/climat essentielle et mal connue.

 

1. Recherches en géodynamique dans les îles Eparses : mouvements et sismicité africaine

M. Jérôme Dyment a expliqué que la ZEE française de l’Océan Indien contenait les grands bassins et les plateaux du Mozambique et des Mascareignes, ainsi que la ride de Davie, ce qui implique les quatre enjeux suivants :

a) L’extension méridionale du rift Est Africain et la limite de la plaque Nubie – Somalie

Dans le rift Est Africain et les structures proches du bassin du Mozambique, fortement sismiques, se pose la question de la limite des plaques et de leurs relations. A partir de l’étude de leurs mouvements, encore méconnus, est calculé le mouvement de la plaque Somalie par rapport à la plaque Nubie, considérée comme fixe. Cette recherche s’inscrit dans le cadre d’un projet international lancé pendant la rotation du Marion Dufresne, qui consistait à installer de nouvelles stations GPS (Global Positioning System) de part et d’autre de la ride de Davie sur Juan Nova et Europa, pour déterminer si la ride agit ou non comme une limite de plaque.

 

b) Les relations faunistiques entre l’Afrique et Madagascar : le rôle de la rive de Davie

M. Jérôme Dyment a indiqué que l’hypothèse retenue pour expliquer l’abondance et l’évolution différente de la faune malgache, provenant probablement d’Afrique, est que la ride de Davie aurait joué le rôle de pont continental. A partir des données recueillies en 2003 par le Bâtiment Hydrographique et Océanique Beautemps-Beaupré de la Marine nationale, les chercheurs ont constaté la présence de ravines témoignant d’une érosion et du caractère probablement aérien ou subaérien de la ride, qui auraient permis le passage d’une rive à l’autre.

 

c) Origine du volcanisme ayant créé les îles : processus de construction et destruction

Les îles situées à l’Ouest de Madagascar ont probablement été créées par un épisode de volcanisme majeur. Ainsi que l’a indiqué M. Jérôme Dyment, le projet de recherche vise à vérifier cette hypothèse, en prélevant des échantillons de roche. Tromelin se situe par exemple à proximité d’une dorsale fossile, qui pourrait témoigner de cet épisode. Les Glorieuses pourraient, quant à elles, être associées à un épisode de volcanisme de point chaud, situé sous le volcan de Karthala. Il serait également intéressant d’étudier la construction des édifices, ainsi que l’érosion et les déstabilisations de pente, pour déterminer si ces structures sont des volcans ou des blocs effondrés.

 

d) Les ressources minérales et énergétiques potentielles

M. Jérôme Dyment a ensuite expliqué qu’il existait un début d’exploitation pétrolière sur la marge malgache, près de Juan Nova. La présence d’encroûtement de minerais dans d’autres zones reste à vérifier, en tenant compte des risques de déstabilisation environnementale et géopolitique qui accompagneraient leur découverte.

Il a conclu en insistant sur l’intérêt particulier que représentent les îles Eparses en tant que terrain de recherches pour les sciences de l’univers. Cette recherche doit s’appuyer sur la mise en oeuvre de moyens tels que des navires de la flotte nationale, l’installation de stations d’observation sur les îles et la réalisation de forages.

 

2. Les îles Eparses : un transect Nord Sud étendu, clé de compréhension de la dynamique climatique dans l’Océan Indien

Mme Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, a présenté les enjeux que représentent les îles Eparses, zone stratégique pour la dynamique du climat global. En effet, elles se situent à la convergence d’un ensemble de courants marins. Elles sont également une zone clé pour les interactions océan – atmosphère, par ailleurs traversée par le courant des Aiguilles. C’est enfin une zone d’échanges de masses d’eau entre Océan Indien et Océan Atlantique, qui fait l’objet de projets internationaux majeurs et soulèvent plusieurs enjeux :

· Tout d’abord, les îles Eparses sont situées sous les panaches des feux de forêt de l’Afrique de l’Est, qui dégagent des aérosols, du méthane et du monoxyde de carbone. Mme Valérie Masson-Delmotte a insisté sur l’intérêt d’y développer un suivi spatial et de surface des concentrations de gaz à effet de serre. Les îles Eparses sont également une zone de formation cyclonique, fortement influencée par le régime de mousson, qui s’avère critique pour les échanges atmosphériques et océaniques entre hémisphères Sud et Nord.

· Par ailleurs, les changements de la dynamique de l’atmosphère ont des conséquences directes sur le bilan thermique du Sud de l’Océan Indien et, indirectement, sa température. Il existe ainsi une relation étroite entre l’intensité des moussons asiatiques, la dynamique des vents d’ouest autour de l’Antarctique et les températures de l’Océan Indien. Mieux en connaître l’évolution en temps réel est essentiel pour en prévoir l’intensité.

Mme Valérie Masson-Delmotte a indiqué que la France assurait une observation météorologique permanente, dont la qualité et la durée constituaient des ressources exceptionnelles pour l’étude du climat. L’emplacement des îles Eparses permet de détecter de manière plus sûre le changement climatique, la variabilité y étant moins forte d’une décennie à l’autre que dans l’antarctique.

Un système d’observation internationale coordonné sera réalisé progressivement dans l’Océan Indien. La France est chargée de mettre en place un système de balises, qui requiert une rotation régulière de navires. Au-delà des campagnes ponctuelles, les recherches sur le climat demandent une instrumentation homogène, dont l’observation doit être poursuivie sur plusieurs décennies.

Elle a souligné que les îles Eparses contiennent des coraux d’un potentiel exceptionnel pour connaître l’évolution passée de la dynamique d’évolution de l’Océan Indien et du canal du Mozambique, ainsi que pour caractériser les variations passées du milieu marin et étudier la vulnérabilité des îles coralliennes.

Mme Valérie Masson-Delmotte a expliqué que des projections sur l’évolution du climat étaient construites à partir des observations menées dans les îles Eparses. Il est par exemple prévu une élévation globale des températures de 2,7 degrés à la fin du XXIème siècle, un réchauffement de l’eau de mer de plus de deux degrés et une diminution de 15 à 20 % des précipitations en saison sèche, ces mesures demandant à être affinées. Des interrogations subsistent par ailleurs sur l’évolution de la variabilité infra-annuelle. Des observations sont nécessaires pour en améliorer la modélisation.

Elle a conclu en indiquant que le transect nord sud représente une zone clé des échanges inter-hémisphériques, dont la connaissance souffre d’un manque d’observations temporelles et spatiales. La continuité des observations nécessite un soutien logistique : il serait par exemple possible d’augmenter l’instrumentation automatique, d’y développer l’étude des changements climatiques et de valoriser l’expertise française dans l’Océan Indien

.

 

M. Rollon Mouchel-Blaisot s’est interrogé sur les raisons qui ont poussé à installer des systèmes automatiques dans une zone aussi exceptionnelle.

Un représentant de Météo France a indiqué que les évolutions technologiques avaient optimisé les observations dans des zones où l’installation de personnel serait trop coûteuse. Les satellites météorologiques, par exemple, apportent une information de qualité, à haute fréquence. Utiliser des systèmes automatisés permet également d’obtenir des informations précises et de qualité. Les observations de surface et le lâcher de ballons assuré par le personnel sur l’île de Tromelin pourraient ainsi être réalisés à moindre coût et de manière améliorée.

M. Philippe Lemercier, directeur général de l’outre-mer de l’IFREMER, a expliqué que les premières présentations mettaient en évidence l’importance géostratégique des îles Eparses, les secondes en démontrant l’enjeu scientifique dans des domaines variés. Il existe donc une expertise française importante. De nombreux projets réunissent des acteurs plus ou moins coordonnés. Bien que ce colloque ne porte pas sur les moyens, il lui a semblé opportun de réfléchir à la définition d’un projet pour l’ensemble de la zone, susceptible de réunir les pays concernés.

M. Rollon Mouchel-Blaisot a confirmé que le colloque avait pour vocation de favoriser l’élaboration d’un projet, plutôt que de lancer des revendications de moyens, bien que ceux-ci fassent partie des préoccupations des TAAF. La définition d’une stratégie constitue cependant une étape préalable à toute discussion de moyens avec les autorités concernées.

 

V. UN OBSERVATOIRE UNIQUE DE L’IMPACT DES CHANGEMENTS GLOBAUX SUR UNE BIODIVERSITÉ EXCEPTIONNELLE

 

1. Les îles Eparses : biodiversité et changements globaux en milieu tropical

M. David Grémillet, chargé de recherche à l’Institut Ecologie Environnement du CNRS, a présenté les enjeux en termes de biodiversité des îles Eparses, territoire exceptionnellement riche et lieu d’observation privilégié des changements globaux en milieu tropical.

Les îles Eparses, a-t-il expliqué, sont des îles océaniques au sens propre du terme : la mer les nourrit et elles ensemencent l’océan. Ainsi, l’atoll d’Europa est né des récifs coralliens qui l’entourent aujourd’hui. La barrière de corail protège le lagon qui sert de nurseries à une centaine d’espèces de poissons. Cette même fonction est également assurée par les mangroves qui bordent la partie interne du lagon. Le reste de l’île est principalement couvert de buissons, steppes et forêts d’euphorbes arborescentes. Bien qu’en apparence terrestres, ces zones sont en prise directe avec l’environnement marin. Elles abritent en effet des colonies d’oiseaux marins : fous, frégates et sternes les fertilisent de leurs déjections diverses. Les tortues marines font de même sur les plages dans lesquelles elles creusent leurs nids.

Les îles Eparses sont de fragiles îlots de biodiversité. Leurs récifs coralliens abritent probablement quelques milliers d’espèces, dont seules quelques centaines sont recensées à ce jour. Ces organismes contiennent une multitude de molécules bioactives, dont nous commençons tout juste à découvrir les vertus thérapeutiques. A terre, les inventaires floristiques et faunistiques restent incomplets mais des recensements préliminaires de l’entomofaune indiquent que 20 % des espèces trouvées sont endémiques.

 

Il a également expliqué que les îles Eparses sont des sites de reproduction indispensables pour plus de 3 millions d’oiseaux de 26 espèces ainsi que pour quelques 15 000 tortues marines. Oiseaux marins et tortues sont également présents au large et participent à l’écosystème pélagique de la ZEE. Elles y côtoient d’autres prédateurs supérieurs tels que les mammifères marins.

Les îles Eparses ne sont pas vierges de toute activité humaine, malgré leur protection effective par la France depuis les années 1970 : diverses activités y furent pratiquées depuis leur découverte au 16ème siècle. Un dégazage illégal au large de Juan Nova en 2005 rappelle également que les îles du canal du Mozambique se situent sur une des autoroutes à supertankers les plus fréquentées de la planète.

M. David Grémillet a ajouté que les voyageurs égarés, pirates et colons occasionnels des îles Eparses furent accompagnés de l’habituel cortège d’espèces invasives telles que les filaos, souris, rats, chats, lapins et chèvres. Bien que discrètes sur certaines îles, ces espèces menacent la biodiversité.

 

L’isolement géographique des îles Eparses ne les affranchit pas des changements climatiques planétaires. Le réchauffement des eaux de surface des océans provoque d’ores et déjà le blanchissement d’une partie des récifs coralliens. La montée des eaux généralisée et la recrudescence des cyclones érodent les plages et menacent d’anéantir des îlots.

Les îles Eparses méritent donc notre plus grande attention. Il s’agit :

 d’achever les inventaires floristiques et faunistiques, nécessaires à la gestion de ces milieux et au maintien de la biodiversité insulaire ;

 de tester l’impact actuel des changements globaux par le biais d’une approche pluridisciplinaire à l’interface écologie – physique – chimie ;

 de modéliser l’impact des changements à venir afin d’affiner les stratégies de gestion.

Ces activités permettront de raffiner et de renforcer les programmes de gestion des écosystèmes. De manière plus générale, certaines des îles Eparses sont très proches d’une virginité ancestrale, dont la connaissance revêt une importance capitale pour la recherche. Les îles Eparses présentent en effet un gradient d’anthropisation3(*) lié à leurs expositions diverses aux espèces invasives et peuvent être considérées comme un laboratoire naturel de l’impact des changements globaux dans l’Océan Indien. Ce réseau d’observatoires du vivant vient compléter la série latitudinale de points de mesures que constituent les différentes bases des TAAF. Un tel réseau transversal à l’Océan Austral, aux zones subtropicales et tropicales est unique au monde.

Les activités de recherche en écologie sont assujetties aux contraintes logistiques évoquées par Monsieur le Préfet des TAAF. A la suite de l’appel d’offres des TAAF pour la campagne du Marion Dufresne en collaboration avec l’IPEV, 24 équipes de recherche ont déposé des projets relatifs à l’écologie de ces territoires (13 ont pu être financées). Cet intérêt soutenu témoigne du très fort potentiel scientifique des îles Eparses et de leur caractère exceptionnel pour la recherche française.

 

*3 Un gradient d’anthropisation des sites et des milieux permet d’évaluer le rôle de l’homme dans l’évolution locale de la biodiversité.

 

 

2. Les oiseaux marins des îles Eparses face aux changements globaux

M. Matthieu Le Corre, enseignant chercheur à l’Université de La Réunion, a indiqué que le laboratoire ECOMAR, de l’université de La Réunion, était spécialisé dans l’étude de la biologie marine et insulaire tropicale. Ce laboratoire étudie le fonctionnement des écosystèmes marins et insulaires tropicaux, les impacts des changements globaux ainsi que l’évolution de la biodiversité marine tropicale, dans trois écosystèmes : les récifs coralliens, les îles coralliennes et le milieu océanique. Les îles Eparses constituent des sites exceptionnels pour le développement de ces recherches. ECOMAR est intégré au pôle régional Mer, qui fédère les organismes de recherche dans le domaine des sciences marines à La Réunion.

M. Matthieu Le Corre a expliqué que les écosystèmes marins subissaient trois changements globaux majeurs :

· le réchauffement climatique ;

· l’augmentation de la pêche industrielle ;

· les invasions biologiques en milieu terrestre.

Les gestionnaires de la biodiversité ont besoin d’indicateurs pertinents pour en quantifier les effets à moyen et long terme. De ce point de vue, les oiseaux marins présentent la particularité d’un mode de vie partagé entre milieu marin (nourriture) et terrestre (reproduction). Dans le milieu marin, ils sont sensibles aux variations de la production primaire, aux changements climatiques, à la pollution marine et à la pêche industrielle. En phase terrestre, ils sont en interaction avec leur habitat, en compétition avec d’autres espèces et sensibles aux pollutions terrestres. L’étude de l’écologie, des comportements et de la dynamique de comportement des oiseaux permet ainsi d’étudier l’influence de ces paramètres sur le milieu marin. ECOMAR réalise également des études de terrain, de laboratoires et des modélisations sur le thème de l’invasion biologique. Le laboratoire transmet ses informations aux gestionnaires des TAAF, en leur proposant des programmes de réhabilitation.

Il a déploré que le réseau d’observation des oiseaux marins comme bio-indicateurs des changements mondiaux soit marqué par une sous-représentativité de la zone intertropicale par rapport aux zones polaires et tempérées. Les îles Eparses y occupent une position stratégique et permettent d’établir des comparaisons. A ce titre, « l’effet réserve » constitue une thématique importante de recherche.

Il a rappelé que l’Océan Indien occidental comprenait 7,4 millions de couples d’oiseaux marins, dont 40 % nichent dans quatre îles Eparses émergées, ce qui confère à la France une responsabilité essentielle en termes de gestion de la biodiversité.

Pour conclure, M. Matthieu Le Corre a insisté sur la ressource exceptionnelle que constituent les îles Eparses pour la recherche. Elles font partie d’un réseau mondial d’observation et de suivi des océans et écosystèmes insulaires. De plus, elles favorisent le rayonnement international de la recherche française. Ce formidable laboratoire doit être maintenu, y compris d’un point de vue logistique.

3. Synthèse des travaux sur les stratégies de recherche dans les îles Eparses

Mme Françoise GAILL, Directrice de l’Institut National Environnement et Ecologie, a constaté que les îles Eparses présentaient un modèle intéressant pour l’étude du changement climatique et de la protection de la biodiversité. Bien qu’un certain nombre de données soit disponible, un effort peut encore être accompli dans cette région, en raison du caractère remarquable de sa situation géographique et la possibilité d’étudier l’impact de l’activité anthropique dans des zones naturelles. Il a souhaité que ce colloque contribue à définir des thèmes de recherche, pour discuter ensuite des moyens nécessaires.

*

* *

M. Christian Cointat s’est réjoui que les différentes interventions de ce colloque aient démontré l’atout considérable que constituent les îles Eparses pour la France. Une meilleure connaissance de ces îles s’impose, afin de mieux les comprendre, de mieux les protéger et de favoriser le développement de la recherche.

Mme Marie-Luce Penchard, alors Secrétaire d’Etat à l’outre-mer4(*), a remercié le Sénat d’avoir pris l’initiative de ce colloque, en étroite association avec les TAAF. Elle a regretté que les îles Eparses soient restées dans l’ombre des collectivités de l’Océan Indien jusqu’à une époque récente, et n’aient été mises en lumière qu’en 2005.

Elle s’est félicité du choix de les intégrer aux TAAF en 2007, qui traduit la volonté du législateur de faire bénéficier ces îles, joyaux de la biodiversité mondiale, d’une expérience de gestion des territoires isolés. Ce colloque donne le coup d’envoi d’une démarche éclairée, prospective et constructive.

Elle a dégagé plusieurs priorités :

· La première concerne le maintien des conditions d’exercice de la souveraineté française. Cette mission, assumée depuis quarante ans de manière exemplaire par les forces armées, doit aujourd’hui faire l’objet d’une mutualisation des hommes et des moyens. Celle-ci ne doit cependant pas remettre en cause la présence permanente de nos forces armées, indispensable dans une région stratégique.

· La seconde priorité est la mer. La richesse des océans doit profiter davantage à l’ensemble de la France de l’Océan Indien. Une réflexion doit être menée sur les conditions de développement des flottes de pêche locales au profit de l’emploi et de l’économie régionale. Mme Marie-Luce Penchard a renouvelé son soutien à la préservation des moyens nécessaires à la surveillance des zones maritimes et de leurs richesses, l’une des clés du développement durable de l’Outre-mer. Elle s’est félicitée de ce que l’Etat et Mayotte aient signé une convention en avril 2009 pour favoriser une pêche durable.

Elle a également approuvé l’objectif d’harmoniser les outils de gestion de l’environnement marin, entre la création d’un parc marin à Mayotte d’une part, et la future aire marine protégée d’autre part. Elle a pleinement souscrit à la proposition du préfet d’une gestion concertée avec Mayotte des deux aires marines protégées, avec le concours de l’agence nationale. Cette démarche novatrice s’inscrit dans le droit f

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    Chamboulement à la tête du Sénat. En fin de matinée du mardi 31 octobre, Honoré Rakotomanana se démet de ses fonctions de président du Sénat. Immédiatement après l’annonce, une élection a été organisée pour élire son successeur. Rivo Rakotovao, nouveau sénateur, président du parti Hvm est le candidat unique. Il a été élu avec 52 voix sur les 55 électeurs (63 inscrits) et 2 votes blanc et 1 nul. Le sénateur Velontsara Paul Bert a été le seul sénateur a dénoncé cette élection fait à la va-vite. Une élection qui n’a pas été inscrite à l’ordre du jour.

  • 02 Nov. 2017 - 08:28-

    2 novembre : Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. http://www.journee-mondiale.com/412/journee-internationale-de-la-fin-de-l-impunite-pour-les-crimes-commis-contre-des-journalistes.htm

  • 02 Nov. 2017 - 08:19-

    Publication récente. Politique : Adoubement de la manipulation des urnes http://www.lakroa.mg/item-1208_articles_politique_18-adoubement-de-la-manipulation-des-urnes.html

  • 31 Oct. 2017 - 09:58-

    Nécrologie. Deux personnalités publiques et connues ont disparu dans la journée du 30 octobre 2017. Dans la matinée de ce 30 octobre, Paul Rabary a fait savaoir sur son compte facebook la mort de sa mère dame Mathilde Rabary, femme politique, médecin, parlementaire, militante des droits de l’homme en créant l’association Sos victimes au non-droit. Et dans l’après-midi, on apprend le décès de Ralitera Etienne, âgé de 79 ans, grand chancelier de la République. Etienne Ralitera a occupé le poste de Grand Chancelier du temps du président Marc Ravalomanana. Paîx à leur âme.

  • 30 Oct. 2017 - 08:43-

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  • 27 Oct. 2017 - 07:31-

    Bilan de la peste ce 26 octobre avec deux décès.  Avec deux nouveaux décès enregistrés ce 26 octobre le total des personnes décédées depuis le 1er août s’élève à 126. Les deux nouveaux cas de décès ont été enregistrés dans la Région Analamanga et dans la région Atsimo Andrefana. On constate selon la remontée des informations provenant du Ministère de la Santé publique que le nombre de nouveaux cas diminue cas (12 nouveaux cas pour la journée du 26 contre 28 pour celle du 25 octobre).

  • 18 Oct. 2017 - 12:09-

    Blueline business. Blueline lance ce 18 octobre son offre dénommée Blueline business. Cette offre est destinée spécialement aux entreprises avec 3 pôles de compétence : offre de connectivité, intégration et infogérance et services hébergés.

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