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Conférence

La diplomatie pontificale à l’époque du Pape François

Recueilli par JRR il y a 7 mois

Nous publions l’intégralité de la conférence donnée par le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint- Siège, à Mandrimena – Antananarivo, le lundi 30 janvier 2017. Lors de sa visite à Madagascar (du 26 au 31 janvier) pour la célébration des 50 ans de relations diplomatiques entre Madagascar et le Saint-Siège.

La diplomatie pontificale à l’époque du Pape François

La diplomatie pontificale à l’époque du Pape François

Discours de S. Em. le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État

 

1.- Je vous remercie vivement de l’invitation à célébrer cinquante ans de relations diplomatiques entre Madagascar et le Saint-Siège, et je désire à cette occasion, transmettre la proximité du Pape François au cher peuple malgache et à ses Autorités. Le Saint-Siège suit les activités qui s’accomplissent quotidiennement dans le pays, non seulement pour atteindre l’objectif de la cohésion sociale, si nécessaire à un avenir de paix et de développement, mais aussi pour faire face aux adversités naturelles persistantes. Ma pensée va immédiatement à la grave sécheresse qui déjà depuis trois ans frappe le sud de l’île avec des effets liés à la pénurie des récoltes et donc à l’insécurité alimentaire dont sont surtout victimes les groupes vulnérables de la population.

L’Église catholique prête une grande attention à vos efforts et, avec ses institutions, elle encourage les solutions adoptées dans l’intérêt des personnes, de leurs droits fondamentaux, ainsi que pour la sauvegarde des valeurs qui font partie de la grande culture malgache. Madagascar est un pays qui compte des siècles d’histoire et ses habitants savent combien la sécurité, la paix, les réformes sociales et économiques sont importantes et urgentes. La configuration géographique fait de cette grande île une terre de rencontre et de dialogue entre les hommes et les femmes appartenant à des ethnies, des cultures et des religions différentes. Et c’est dans cette diversité que l’avenir de la nation doit continuer à trouver de l’inspiration, à trouver sa stabilité institutionnelle, ainsi que son développement, pensé in loco et par conséquent préparé pour utiliser au mieux les apports externes. Je pense avant tout aux contributions qui arrivent par les canaux de la coopération internationale ou de ce qu’on appelle la diplomatie opérationnelle des Institutions multilatérales, et aussi celles du continent africain.

Suivant la tradition du Kabary, je devrais prononcer ici un “noble et grand” discours capable de convaincre l’illustre auditoire que j’ai devant moi. Je ne sais pas si je serai en mesure de le faire, mais permettez-moi de dire que je chercherai à montrer de toute manière la sagesse, le respect, la rectitude morale et la modestie qui sont les composantes essentielles du Kabary.

Pour parler de la diplomatie pontificale, dont la conduite trouve aujourd’hui son inspiration dans l’enseignement et dans le témoignage du Pape François, mon but n’est certainement pas de vous convaincre. Je voudrais plutôt vous présenter une ligne de pensée à partir de laquelle se structure une action qui, en suivant les normes et le langage de la diplomatie, cherche à transformer des sentiments d’amitié, de respect, d’attention en instruments de dialogue. Le Saint-Siège fait cela non pour maintenir un status ou pour exercer un pouvoir – et ce serait un exercice très modeste vu la caractéristique de sa nature, différente des États –, mais pour se sentir partie prenante de la vie et des besoins essentiels de la société d’un pays, proche des familles, des groupes de toute inspiration et je crois, pas seulement des communautés de l’Église catholique. Sa diplomatie est consciente de parler à chaque personne qui a à cœur les chances de la paix, du développement, du respect des droits humains.

L’objectif du Saint-Siège, certainement ambitieux mais sincère, est de partager à l’avantage de la famille des peuples son expérience en humanité avec les instruments mis à disposition par le droit international. Il ne s’agit donc pas d’une condition privilégiée ou de la recherche de privilèges, mais d’une présence raisonnée et effective, basée sur des règles et attentive à leur respect. Une présence consciente que la cause première et la finalité ultime de toute action humaine est la personne dans sa dimension matérielle et spirituelle, individuelle et communautaire.

En effet, un regard rapide sur l’aujourd’hui de l’histoire et en particulier sur les relations internationales, nous rend conscients que l’activité diplomatique a tout son poids et ses effets seulement quand elle réussit à être un instrument efficace au service de la cause de l’homme. Cela comporte un effort quotidien non seulement pour connaître les situations, mais pour les interpréter et fournir ainsi les solutions nécessaires même lorsque tout semble obscur et toute intervention impossible. Le Pape François, justement devant les difficultés, confie à la diplomatie la tâche de développer des idées originales et des stratégies innovantes, « pour que, avec une plus grande audace créative, on recherche des solutions nouvelles et durables » (Discours au Corps diplomatique près le Saint-Siège, 11 janvier 2016). Voilà un premier indicateur qui fait de la diplomatie un instrument privilégié pour unir des idées divergentes, des positions politiques opposées, des visions religieuses et même des idéologies différentes.

Il s’agit d’un parcours ardu et incertain dans ses résultats, surtout à un moment où même la politique internationale et ses protagonistes semblent résignés devant l’image des nombreux conflits en cours, l’usage sans discrimination des armes ou le recours à la violence terroriste qui, ignorant la cohésion, la fraternité et même la miséricorde, se développent à l’intérieur des États ou entre les États. Et ainsi, il n’est pas rare de voir les diplomates assister impuissants à des combats, à des violences, à des attentats, expérimentant combien il est difficile de les arrêter, alors que le nombre des victimes augmente et que se multiplient les souffrances de ceux qui perdent leurs proches ou sont contraints de laisser leurs maisons, leur terre, leur travail pour commencer un pèlerinage qui n’a pas de but final. Avec beaucoup de clarté, le Pape François soutient que justement dans ce cadre, la diplomatie doit redécouvrir son rôle, cette force qui agit de manière préventive par rapport aux menaces à la paix et à la sécurité, cherchant à soutenir chaque effort, à recueillir tout signal, même minime qui soit capable de faire de la solidarité entre des personnes et des peuples l’alternative aux armes, à la violence, à la terreur. Il l’a dit en rencontrant le Corps diplomatique le 9 janvier dernier : « La paix se conquiert par la solidarité. D’elle germe la volonté de dialogue et la collaboration qui trouve dans la diplomatie un instrument fondamental ». Et dans ce processus, le Pape a inséré « l’engagement convaincu du Saint-Siège et de l’Église catholique à écarter les conflits ou à accompagner les processus de paix, de réconciliation et de recherche de solutions négociées avec les autres » (Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2017). Diplomatie, donc, comme vecteur d’un dialogue, d’une coopération et d’une réconciliation qui prennent la place des revendications réciproques, des oppositions fratricides, de l’idée d’ennemi et du refus de l’autre. Et surtout, une diplomatie capable de se substituer à l’usage de la force et pour mieux dire à cette route considérée plus brève, mais certainement sans retour : « Ce n’est jamais l’usage de la violence qui conduit à la paix. La guerre appelle la guerre, la violence appelle la violence ! » (François, Angelus, 1er septembre 2013).

 

2- Ce que je viens d’exposer sont des indications de méthode et des objectifs à atteindre exposés par le Pape François qui imposent à la diplomatie pontificale de prendre une part active dans les processus en cours dans la Communauté des Nations où le Saint-Siège agit comme sujet et parmi les sujets de droit international. En agissant ainsi, elle s’engage déjà à encourager les efforts, à rappeler les devoirs ou à contribuer à agir pour répondre concrètement aux grands défis, mais aussi aux nécessités quotidiennes requises par les rapports internationaux ou par des situations présentes dans chacun des pays.

L’encouragement du Pape François demande toujours plus une présence et une conduite répondant à l’aujourd’hui des relations entre les États et entre les peuples, spécialement lorsqu’on abandonne la vision du bien commun pour permettre à des pays et à des institutions de se réfugier dans de petites niches d’intérêts, dans des fermetures individuelles et dans des nationalismes plus ou moins masqués qui colorent désormais le paysage d’un monde post-global. Si, par rapport à la mondialisation l’important était de ne pas être exclus, dans la réalité post-globale dans laquelle nous sommes immergés, la première idée est de se protéger, de se fermer par rapport à ce qui nous entoure puisque cela est perçu comme source de danger ou de contamination par des idées, des cultures, des visions religieuses, des processus économiques. Et ainsi l’unité des intentions et le désir de coopérer laissent la place à des positions isolées et à une fragmentation croissante avec tous les risques prévus et prévisibles.

Pour tous ceux qui s’approchent de l’action diplomatique du Saint-Siège, une question revient toujours: quel but poursuit la diplomatie pontificale ? On peut rappeler ici les raisons historiques et affirmer qu’il s’agit d’une action poursuivie en continuité au fil des siècles suivant le cours des évènements et des décisions. Une action développée suivant les formes de la diplomatie permanente qui ont vu et voient le Saint-Siège comme une partie de ce réseau de relations stables entre les nations qui, avec toutes les limites possibles, représente aussi aujourd’hui un instrument au service du vivre ensemble humain et de son aspiration à la sécurité, à la stabilité, à la paix.

En même temps, il est possible d’indiquer que la diplomatie pontificale représente un élément essentiel pour la vie interne de l’Église, d’une communauté de croyants, avec son organisation spirituelle et sociale, unis entre eux par un lien indissoluble. Le Représentant pontifical, en effet, par son service exerce une collaboration directe avec la mission du Successeur de Pierre, c’est-à-dire manifeste de manière visible l’intérêt et la sollicitude de celui-ci pour les Églises locales présentes dans les différentes régions. À travers son représentant, l’Évêque de Rome instaure une relation vitale et nécessaire qui contribue à faire émerger la véritable image de l’Église, cette réalité de communion entre le centre et la périphérie. Une communion que le Pape François indique comme un instrument qui dépasse les diversités, prévient les antagonismes ou les divisions : « le dernier mot de l’histoire et de la vie n’est pas le conflit mais l’unité à laquelle aspire le cœur de chaque homme. Une unité conquise en transformant le conflit dramatique de la Croix en source de notre paix, car c’est là qu’a été abattu le mur de séparation » (Discours aux participants à la rencontre des Représentants pontificaux, 17 septembre 2016).

Si donc l’objectif de la pleine communion entre le Pontife Romain et les Églises locales est essentiel pour la vie et les activités de ces dernières, une caractéristique de la diplomatie pontificale demeure aussi le dialogue avec les pays et par conséquent avec les gouvernements. Dialogue qui, depuis toujours, même dans les situations les plus difficiles est voulu, instauré et développé. Nous pourrions dire que nous sommes devant un engagement structuré, c’est-à-dire tourné vers la connaissance des faits et des situations en les interprétant à la lumière des principes et des règles internationales, en ne négligeant jamais les éléments qui, même d’une façon minime, peuvent favoriser la concorde et non l’opposition, la solution des conflits et non leur élargissement. Le Saint-Siège, avec sa ligne diplomatique sera « toujours disponible pour collaborer avec tous ceux qui s’engagent à mettre fin aux conflits en cours et apporter soutien et espérance aux populations qui souffrent » (François, Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2017).

Sur ce point il faut souligner comment dans son action diplomatique, le Saint-Siège concentre des expressions de forte spiritualité et de sens ecclésial, les transformant en unicité d’intentions pour faire face à des situations concrètes, même à celles qui sont de fait éloignées des intérêts que la diplomatie a généralement. Cependant, cette activité diplomatique particulière est partie intégrante des tensions que la vie internationale craint et affronte, comme aussi des activités qui se manifestent ou se réalisent en elle. En effet, la diplomatie pontificale aussi, même solidement ancrée par sa nature dans des tâches typiquement ecclésiales qui la situent au service de la mission universelle de l’Église, reste projetée dans l’œuvre de garantir la cohabitation mondiale ordonnée, cette paix souhaitée qui loin d’être un équilibre est en premier lieu synonyme et effet de la justice (cf. Gaudium et Spes,  n. 78). À ce sujet, parlant de la paix, souhaitant même une véritable paix, le Pape François introduit certains éléments de nouveauté qui concerne les capacités et les comportements personnels de ceux qui, comme les diplomates, veulent être des artisans de paix. Se référant à l’Apôtre des Gentils, le Pape demande d’inspirer chaque comportement d’humilité, de douceur et de magnanimité, parce que « on ne peut donner la paix sans l’humilité. Là où il y a l’orgueil, il y a toujours la guerre, toujours la volonté de vaincre sur l’autre, de se croire supérieur. Sans humilité, il n’y a pas de paix et sans paix, il n’y a pas d’unité » (Homélie à Sainte Marthe, 21 octobre 2016). Être humbles, pour unir : c’est un bon viatique pour ceux qui, comme celui qui vous parle, sont chaque jour engagés sur la scène des relations internationales !

 

3- Les finalités une fois tracées, une autre question se pose : qu’est-ce-qui caractérise la vie et l’action de la diplomatie pontificale ? En premier lieu la conscience que pour créer des conditions de paix, il ne suffit pas de savoir agir, mais il est nécessaire de coopérer avec tous. Comme il est important de connaître les différentes positions, les aspirations ! Et surtout comme il est vital de ne jamais exclure tous les interlocuteurs possibles, même pour des raisons de convenance momentanée ou pour éviter d’entrer en pleine syntonie avec eux. Combien de fois le plus faible ne réussit pas à exprimer son point de vue ? Combien de parties en cause sont exclues de la table de la négociation à cause d’équilibres plus vastes ?

 

Le véritable dialogue suppose aussi la présence et l’apport de celui qui est gênant ou de celui qui, selon une vision traditionnelle, ne semble pas avoir la légitimité d’acteur dans une négociation. La diplomatie du Saint-Siège en a fait l’expérience en soutenant l’effort réalisé par la bonne volonté de tant de parties pour la pacification en Colombie. Pour cela, en rencontrant les protagonistes de cette négociation j’ai voulu souligner que « la méthode la plus sûre pour commencer un avenir meilleur consiste à reconstruire la dignité de celui qui souffre, et pour cela, il est nécessaire de s’approcher de lui sans limite de temps, jusqu’au point de s’identifier avec lui » (Homélie au cours de la Liturgie de la Parole à l’occasion de la signature de l’”Accord final” entre le Gouvernement de la Colombie et les FARC-EP, Carthagène des Indes, 27 septembre 2016).

Un second aspect est la capacité du Représentant de l’Évêque de Rome à être témoin, aussi bien quand il exerce sa mission auprès des Églises locales que quand il se prodigue auprès des pays ou des Institutions gouvernementales. Pour le Pape François, la fonction que ses Représentants sont appelés à remplir est claire: « Il ne s’agit pas d’une stratégie cachée pour recueillir des informations et manipuler des situations ou des personnes, mais d’une attitude conforme à celui qui n’est pas seulement un diplomate de carrière, ni même un instrument de la sollicitude de Pierre, mais également un pasteur doté de la capacité intérieure de témoigner de Jésus Christ » (Discours aux participants à la rencontre des Représentants pontificaux, 17 septembre 2016). Être Pasteur demande de donner un témoignage, en garantie des nécessités du troupeau confié, que ce soit la communauté des fidèles, une communauté nationale ou les divers acteurs qui agissent dans les structures de la Communauté internationale.

Une troisième caractéristique est la nécessaire compétence. Devant les problèmes concrets, il est indispensable pour la diplomatie du Saint-Siège de maintenir une vision la plus large possible, surtout pour ne pas exclure des éléments très proches et impossibles à séparer. Cela suppose connaissance et étude, au-delà d’une capacité de lecture des situations. Le contraire serait comme nier les évidences. Par exemple, éviter la guerre signifie connaître les causes qui peuvent la déclencher, de même on peut combattre le terrorisme si les situations qui poussent les personnes à accomplir des actes contre la vie de leurs semblables ou aussi de leur propre vie sont claires. Dans le cas des guerres, ensuite, l’impossibilité de faire une discrimination entre les victimes ou de soutenir seulement une partie de la population civile est encore plus évidente. Pour cela, la diplomatie pontificale soutient que le principe de non-discrimination prévu dans le droit international humanitaire se traduit en une action qui embrasse tout, les personnes et les idées : comment peut-on développer une intention de pacification en soutenant une seule partie, sans tenir compte des différentes positions présentes sur le terrain ? Et encore, regardant les conflits les plus récents, comment est-il possible de demander des comportements corrects dans la guerre si on continue à approvisionner à nouveau les parties combattantes avec des armes sophistiquées ou aux effets inhumains ? Le Pape François s’interroge, et nous interroge, à ce sujet : « Être au service du dialogue et de la paix signifie aussi être vraiment déterminé à réduire et, sur le long terme, à mettre fin aux nombreux conflits armés dans le monde. Ici, nous devons nous demander : pourquoi des armes meurtrières sont-elles vendues à ceux qui planifient d’infliger des souffrances inqualifiables à des individus et à des sociétés ? Malheureusement, la réponse, comme nous le savons, est simple : pour de l’argent ; l’argent qui est trempé dans du sang, souvent du sang innocent. Face à ce honteux et coupable silence, il est de notre devoir d’affronter le problème et de mettre fin au commerce des armes » (Discours au Congrès des États-Unis, 24 septembre 2015). Transposé sur le plan de l’activité diplomatique cela signifie que la défense des intérêts particuliers, même ceux qui peuvent sembler les plus pressants, ne peut jamais se transformer en un moyen pour créer des difficultés, des souffrances ou même seulement des menaces pour les plus faibles et les plus vulnérables.

Une telle attitude, si elle est pleinement partagée, peut pousser l’action diplomatique vers ses véritables objectifs qui restent interdépendants et demandent à tous les sujets impliqués la générosité dans les moyens et le courage de la persévérance. Orienter la politique internationale, favoriser l’intégration entre les États, apporter des réponses aux nouveaux défis, instaurer une véritable démocratie et le bon gouvernement, concourir à exaucer les attentes des peuples pour favoriser leur croissance intégrale ne seront jamais le fruit d’un exercice aseptisé puisque, comme on peut facilement l’imaginer, il s’agit de solides conditions nécessaires à la paix, à la sécurité, au développement, au respect des droits humains. La diplomatie peut donc être un facteur qui unit, propose, résout, sachant que « le conflit ne peut être ignoré ou dissimulé. Il doit être assumé » (Evangelii Gaudium, n. 226). C’est seulement en acceptant le conflit et en connaissant ses causes et ses protagonistes « que l’on peut le résoudre et le transformer en un maillon d’un nouveau processus que les “artisans de paix” mettent en œuvre » (François, Message à la ConférenceNonviolence and Just Peace : Contributing to the Catholic Understanding of and Commitment to Nonviolence”, 6 avril 2016).

Notre présence ici, pour faire mémoire de trente années de relations diplomatiques consolidées, dissipe tout doute possible sur les raisons pour lesquelles le Saint-Siège a des relations diplomatiques avec 182 pays et 31 Institutions intergouvernementales de caractère universel, régional et de groupe. Nonciatures apostoliques et Missions Permanentes, en effet, font partie, de plein droit, de cette gouvernance mondiale qui fait de l’activité diplomatique un instrument opérationnel appelé à rassembler des positions et à déterminer des solutions. Pour le Saint-Siège, cela signifie aussi recevoir les diplomates que les pays et les organisations accréditent auprès du Siège de Pierre, non pas pour une simple réciprocité, mais bien en connaissant la nature et la vision de l’Église. Grâce à la diplomatie, par conséquent, le Saint-Siège instaure un dialogue continuel sans aucune exclusion ou limitation, puisque la diversité, aussi religieuse, trouve des points de contact dans l’utilisation de cet instrument qui a pour but de favoriser les relations entre des réalités qui maintiennent tout de même différents systèmes de règles et d’organisation sociale.

 

4- Il serait important que cette vision puisse se placer à la base d’un modèle renouvelé de diplomatie et montrer graduellement ses effets dans le cadre de la concertation existante entre les pays par rapport à des domaines comme la sécurité, le développement et les stratégies de coopération qui y sont liées. En ce sens j’apprécie les efforts que la diplomatie a accomplis pour remplir les obligations prévues dans l’agenda international, en particulier pour l’assistance aux victimes, la destruction des armements au large pouvoir destructeur ou la prévention des actes contre la sécurité et donc la vie des peuples et des communautés. Mais vu la prise de conscience croissante de leur dignité et de leurs droits par des personnes et des populations, une diplomatie renouvelée pourrait aussi être une garantie pour des succès ultérieurs dans des secteurs où se réalisent la vie et l’action internationale. Si la globalisation nous a fait sentir que nous étions participants d’un projet commun, elle a souvent détourné l’attention de cette interdépendance qui lie la paix au développement et les deux au respect des droits fondamentaux, les rendant ainsi inséparables. Pour cela, des formes de coopération capables d’inclure les pays moins favorisés sont indispensables, pour rendre ainsi efficaces des chemins de paix et favoriser les conditions nécessaires pour la construction de la prospérité et du développement intégral de la famille humaine.

Coopérer, dans le langage diplomatique, signifie pouvoir compter sur des personnes qui partagent un processus de développement authentiquement humain, où économie, solidarité, assistance technique, formation et respect des différentes exigences sont une seule chose. En ce moment de crise, donc, il ne suffit pas d’être solidaires et de savoir partager, mais il est nécessaire d’agir selon la justice à l’égard des pays les plus touchés et les moins favorisés. L’utilisation des ressources naturelles et leur exploitation ne se sont jamais arrêtées devant les frontières d’un État ou l’identité d’un peuple : de cela une grande partie de la population mondiale paie quotidiennement les effets qui ont pour nom pauvreté, sous-développement, exploitation. C’est ce que le Pape François appelle : attaque à la « Mère Terre » et qui demande à la diplomatie de rappeler les devoirs envers la nature, pour que la famille humaine ne succombe pas devant des phénomènes de dégradation de la « maison commune », comme les changements climatiques, qui ont tant d’incidence sur différents écosystèmes, jusqu’à compromettre les possibilités de vie : « La violence qu’il y a dans le cœur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans les êtres vivants » (Laudato Si’, n. 2). Ce sont des paroles qui semblent aussi un cri de la nature qui nous entoure, et rappellent les vers de ce grand poète malgache, Jean-Joseph Rabearivelo :

« Ce qui se passe sous la terre,

Au nadir lointain ?

Penche-toi près d’une fontaine,

Près d’un fleuve

Ou d’une source :

Tu y verras la lune

Tombée dans un trou,

Et tu t’y verras toi-même,

Lumineux et silencieux,

Parmi des arbres sans racines,

Et où viennent des oiseaux muets ».

(Traduit de la nuit, 4)

Aujourd’hui l’action diplomatique a permis à la volonté de presque tous les États de converger sur les normes placées au niveau international pour la défense de l’environnement naturel, même si l’on n’enregistre pas encore une adhésion réellement universelle. À ce sujet, le Saint-Siège estime que les prévisions d’actes formels ne suffisent pas, mais qu’est nécessaire une conscience des particuliers et des sociétés pour comprendre les graves conséquences provoquées par l’exploitation illimitée des dons de la Création. Face à des milliers de personnes qui continuent de quitter leurs territoires à la recherche de régions sûres et de terrains à cultiver, il est à se demander si cette attitude n’a pas causé plus de victimes et de dégâts que d’effets positifs. Ce sont des situations qui rappellent au diplomate, au cas où il serait encore nécessaire de le répéter, combien il est impossible de construire la paix et la stabilité en oubliant de sauvegarder la maison commune pour privilégier des comportements et des activités liés seulement à des intérêts particuliers. Voilà l’un des nouveaux défis dans lesquels la diplomatie pontificale cherche chaque jour à se rendre présente en répondant au souhait du Pape François afin que « l’effort entrepris récemment pour faire face aux changements climatiques trouve une coopération de tous toujours plus vaste, puisque la terre est notre maison commune et qu’il faut considérer que les choix de chacun ont des répercussions sur la vie de tous » (Discours au Corps diplomatique, 9 janvier 2017).

Mesdames et Messieurs,

 

Le diplomate pontifical, mais j’oserais dire, chaque diplomate, est motivé par la conscience que temps, énergie et ressources précieuses sont continuellement investis dans des activités qui causent souvent destructions, retards et incertitudes. D’innombrables personnes ne résistent pas aux souffrances et aux oppositions qui durent longtemps et semblent destinées à ne pas avoir d’issue. Mais devant cela, il est nécessaire de réagir avec une vision qui place avant tout intérêt la cause de l’homme, pour que personne ne soit contraint à vivre sans « le sens de l’appartenance à une famille, à un peuple, à une terre, à notre Dieu. Cette condition d’orphelin, qui trouve de la place dans le cœur narcissique qui ne sait regarder que lui-même et ses propres intérêts, et qui grandit quand nous oublions que la vie a été un don – dont nous sommes débiteurs des autres –, vie que nous sommes invités à partager dans cette maison commune » (François, Homélie à l’occasion de la 50ème Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2017). Voilà, me semble-t-il, la véritable essence de la diplomatie.

 

Suivant les règles du Kabary, j’aurais dû m’excuser au début de mon intrusion dans votre journée et dans vos activités. Je le fais maintenant, m’excusant doublement si, en plus d’être et d’être peu convaincant, mon discours a été long.

Je vous remercie tous pour votre accueil et pour votre attention.


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    Président Hery Rajaonarimampianina à l’ONU.  La 72ème Assemblée Générale des Nations Unies a débuté ses travaux ce 19 septembre à New York. Cette année, les débats sont placés sous le thème « Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée. » Selon le communiqué de la Présidence, le Président de la République de Madagasikara, Hery Rajaonarimampianina, interviendra à la tribune des Nations Unies ce mercredi 20 décembre, à 17 heures locales, soit à minuit, heure malgache. Notons qu’il interviendra pour la quatrième fois à cette tribune.

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    Tetiandrom-pampianarana sy datin’ny fanadinana. Araka ny didim-pitondrana laharana 12869/2017-MEN, ny tetiandrom-pampianarana ho an'ny taom-pianarana 2017-2018 dia voafaritra toy izao : Fidiran'ny mpandraharaha (Rentrée administrative): 18 sepitambra 2017. Fidiran'ny mpampianatra (Rentrée des enseignants) : 25 sepitambra 2017. Fidiran'ny mpianatra (Rentrée des élèves) : 2 okitobra 2017. Fifaranan'ny taom-pianarana (fin d’année scolaire) : 3 aogositra 2018.

     

    Ireo datin’ny fanadinana ôfisialy : CEPE : Talata 31 jolay 2018. BEPC : Alatsinainy 20 hatramin'ny Alakamisy 23 aogositra 2018.

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    Contre le changement de Constitution. Plusieurs associations [Sehatra Fanaraha-maso ny Fiainam-Pirenena, Groupe des Experts Nationaux, KMF-CNOE, Club Développement et Ethique, MAMIMAD , Cercle de Reflexion et Analyse de Bongolava, Association Mamiko ny Taniko] publient un communiqué commun dénonçant toute tentative visant à retoucher la Constitution avant les présidentielles. Le communiqué rappelle que la Constitution de 2010 cherche à rendre plus difficile les révisions intempestives de la Constitution d’une part, et à égaliser les chances des candidats à la Présidentielle par la démission du Président candidat à sa propre succession d’autre part.

  • 14 Sep. 2017 - 12:50-

    Intérêt particulier du Président actuel. Si des imperfections sont relevées dans la Constitution actuelle, il appartient aux futurs candidats à la Présidentielle de proposer leurs visions constitutionnelles. Ainsi, tous ceux qui préconisent des changements en profondeur, voire une « refondation » totale, pourront faire connaître leurs propositions, ce qui élargira le débat à une discussion générale. À l’inverse, entamer aussi tardivement un processus constitutionnel sur la simple question de la démission du Président de la République, candidat à sa propre succession, semble servir le seul intérêt particulier du Président actuel, et non pas l’intérêt général de la nation.

  • 13 Sep. 2017 - 08:38-

    Madagascar Renewable Energy. Un atelier sur l’électrification à Madagasikara se déroule au Carlton. Le ministre a ouvert officiellement cet atelier le 12 septembre. Un atelier qui dure deux jours. Pour Lanto Rasoloelison, Ministre de l’Eau, de l’Energie et des Hydrocarbures, cet atelier revêt une importance particulière dans la mesure où il n’y a que 6% de la population rurale qui bénéficie de l’électricité alors que les potentialités pour apporter cette énergie dans les campagnes sont nombreuses. Il espère que les participants à cet atelier vont apporter des solutions concrètes pour le bien-être de la population.

  • 12 Sep. 2017 - 07:59-

    Article du 12 sept 2017. Politique : http://www.lakroa.mg/item-1160_articles_politique_18-fils-et-filles-de-prasidents-attention-a-la-relave.html Culture: http://www.lakroa.mg/item-1159_articles_culture_18-tsy-sirianina-hoy-aho-ny-resaka.html

  • 12 Sep. 2017 - 07:11-

    88 apprenants. Le Cenam, centre national de l’artisanat malagasy, vient de délivrer, ce 7 septembre, une attestation à chacun des 88 apprenants formés au sein de ce centre national. Ils sont issus de 11 filières différentes de l’artisanat (tissage, vannerie, crochet, broderie, coupe et couture, ouvrage métallique, corne, travail des produits naturels, mécatronique, recyclage). Cette promotion dénommée Ezaka est la première promotion pour cette année 2017. Jean Jacques Rabenirina, ministre de la culture, de la promotion de l’artisanat et de la sauvegarde du patrimoine, a officié la cérémonie pour encourager ces artisans.

  • 11 Sep. 2017 - 13:21-

    Soutien pour les jeunes étudiants d’Anosy. Lors de son passage à Fianarantsoa pour regarder le dernier match (ce dimanche 10 septembre 2017)  du FC Angele représentant la Région Anosy dans le groupe D du tournoi Thb Ligue des champions 2017, les étudiants originaires de la région Anosy ont présenté au chef de région leurs problèmes. Le chef de Région a ainsi offert aux étudiants un ordinateur et une imprimante avec une machine pour réaliser la reliure. Ces matériels vont aider les jeunes dans la réalisation de leur mémoire de fin d’études.

  • 09 Sep. 2017 - 08:38-

    Nouveau financement. Le Mécanisme d’appui à la société civile à Madagascar (Programme Dinika) bénéficie d’un nouvel appui de l’Union Européenne. Un accord de don a été le 8 septembre pour un montant de 9,5 millions d’Euros, soit environ 33 milliards d’Ariary. Pour la Ministre Vonintsalama Andriambololona, les actions de la société civile permet plusieurs actions positives entre autres de rendre les institutions démocratiques plus responsables et réactives à l’égard des citoyens ; en favorisant la lutte contre la corruption, le respect des droits de l’Homme, l’autonomisation des femmes, ainsi que l’égalité des chances.

  • 07 Sep. 2017 - 08:07-

    Salon des études Sup. De son côté MadaJeune organise son salon annuel dénommé Salon de sEtudes sup qui commence ce 7 septembre pour deux jours. Cette année cet événement est à sa quatorzième édition. Selon les informations publiées par les organisateurs de cet événement les visiteurs pourront voir 97 établissements supérieurs privés. Il y aura aussi la présence des établissements supérieurs basés en région (Vakinankaratra, Haute Matsiatra…). La sortie du guide des étudiants 2017 se fera durant ce rendez-vous. L’entrée dans le salon est payant pour éviter la venue de simples curieux selon les organisateurs.

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